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Les Allusifs


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x 12 20 156 p. Les aventures de Minette Accientiévitch T Matijevic Vladan littérature féminisme 2006 31/05/06 9782922868586 Les Allusifs Littérature 14,20 € 14.20 présent à Plume(s)
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En courts fragments, comme en autant d’instantanés qui n’ont pas froid aux yeux, ce roman nous présente Minette sous toutes les coutures et en découd avec certains mythes sur la féminité cousus de fil blanc. Nous y apprenons ce qu’elle fait à ses amants et ce que ses amants lui font, ce qu’elle aime ou n’aime pas, ce qu’elle pense de ceci ou de cela et notamment des hommes. Par exemple, elle ne croit pas du tout que les amibes soient les organismes vivants les plus simples, elle affirme que ce sont les mecs. Ils se réduisent à peu près à leurs couilles, dit-elle, où se loge également leur cerveau. Mais si elle a en elle cette affolante épice qui fait que les hommes lui courent après, il est vrai aussi qu’elle court après les hommes. C’est même une sacrée coureuse. Si, pour situer Minette dans l’histoire littéraire (et plus précisément celle des héroïnes romanesques), on prend un raccourci aussi serré que celui du Christ mort de Mantegna, on peut dire qu’au fond, à la tête du gisant, il y a la princesse de Clèves, à mi-chemin, sur la bosse géni(t)ale, Madame Bovary, et au premier plan, aux pieds, Minette Accentiévitch.

C’est un ouvrage hors norme, insensé de drôleries et de réflexions brillantes sur la vie, l’amour, l’orgasme. Par petits chapitres extrêmement bien troussés, nous suivons les escapades sexuelles d’une Lolita slave mille fois plus cochonne — et plus amusante — que son aînée nabokovienne.
Fabrice Gaignault | Marie-Claire

x 12 20 161 p. Le bal des vipères T Castellanos Moya Horacio roman société 2007 31/08/07 9782922868616 Les Allusifs Littérature 15,30 € 15.30 épuisé
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Pour tromper son ennui, Eduardo Sosa, un jeune homme désœuvré, décide de suivre une sorte de clochard, Jacinto Bustillo, qui vit dans une voiture stationnée au pied de son immeuble. Après quelques heures et de nombreuses gorgées d’alcool, l’étudiant tue le clochard dans une ruelle et se glisse à la fois dans la Chevrolet et dans la personnalité de Jacinto, ou du moins celle qu’il imagine qu’il a. Dans la Chevrolet l’attend une divine surprise : Loli, Beti, Valentina et Carmela, de somptueuses créatures toutes d’écailles vêtues, l’adoptent. Ensemble, ils prennent la route pour venger Jacinto, en tuant d’abord sa méchante épouse, puis sa domestique. Mais la soif de vengeance persiste et les belles, sensuelles et cruelles, s’ankylosent. Le groupe prend d’assaut une galerie marchande chic. Évidemment c’est la panique. Au cours d’un épouvantable carnage, des quidams et des personnages importants meurent. Puis l’équipée se poursuit, semant le chaos et la terreur dans la ville.

Avec cette balade ophidienne qui allie délire paranoïaque et réalisme cru, Horacio Castellanos Moya laisse place au fantastique, à l’hallucination, comme si eux seuls étaient à la hauteur de la critique de d’une société sans avenir, où la révolution n’est plus à l’ordre du jour.

À PROPOS Castellanos Moya est un prince de la distanciation. Il épouse la conscience de ses créatures ; leur parole, lue à plat, révèle en creux leur inconscience et l’horrible grimace du monde. On rit froid. Ses romans sont très divertissants, car, comme le disait Roberto Bolaño, « c’est un survivant, mais il n’écrit pas comme un survivant ».
Philippe Lançon | Libération

EXTRAIT "Aucun des locataires ne put dire à quel moment précis la Chevrolet jaune avait stationné devant l’immeuble. Trop de voitures passaient la nuit dans cette rue ; deux rangées serrées le long des quatre blocs du lotissement. Mais les raisons pour lesquelles la Chevrolet jaune attirait l’attention ne manquaient pas : il s’agissait d’un tacot qui datait d’au moins trente ans, à la carrosserie écaillée et aux vitres obturées par des morceaux de carton elle avait l’air, donc, d’une vieille propriété sentimentale de l’un des voisins qui refusait de l’emmener à la casse.

Les premières personnes à se rendre compte qu’il se passait quelque chose de bizarre avec cette antiquité furent les maîtresses de maison et les domestiques qui, vers le milieu de la matinée, sortaient pour faire des courses à l’épicerie ou, tout simplement, pour s’adonner au commérage. Un homme aux cheveux gris, barbu et loqueteux, émergeait de la Chevrolet à ces heures-là avec la tête de quelqu’un qui vient de se réveiller, la tête de quelqu’un qui a passé la nuit à dormir dans ce tas de ferraille."

x 11,5 19 253 p. L’Épervier qui danse T Kawalec Julian roman histoire 2006 01/11/06 9782922868500 Les Allusifs Littérature 19,30 € 19.30 présent à Plume(s)
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L’épervier qui danse évoque crûment l’ascension et la chute d’un être peu scrupuleux, Michael Toporny. Amené à renier sa terre et les siens au nom du développement industriel, mais rejetés par les citadins de vieille souche, Toporny se voit condamné à errer entre deux mondes, jusqu’à sa perte. Composé le désarroi de la paysannerie aux prises avec la ville triomphante. Julian Kawalec dépeint à travers cette quête identitaire une fresque étonnante de la Pologne du XXe siècle.

EXTRAIT La vie de Michal Toporny s’étira sur cinquante ans et, sans se livrer au décompte précis du temps, on peut dire que ce fut une vie à moitié rurale et à moitié urbaine. Durant ces cinquante années, Michal Toporny a fait un long chemin, il s’est trouvé à de nombreux tournants, il a vu et appris beaucoup de choses, il est arrivé très haut à la force du poignet et il aurait pu vivre plus longtemps, mais il se trouve qu’il n’a vécu que cinquante ans ; car lorsqu’il eut atteint le sommet de la hauteur qu’il avait gravie aux derniers instants de sa vie, et qu’il revit la vallée noircie de son enfance et de sa jeunesse, qu’il la regarda comme un oiseau planant haut dans le ciel, alors — en même temps que l’image de la vallée noircie où il ne voyait plus le garçon et le jeune homme qu’il avait été — la mort l’emporta. Il naquit un jour pluvieux de l’automne 1914. Couverte d’un méchant sac pour se protéger de la pluie, la sage-femme du village entra dans la chambre où gémissait Agnieszka Toporna née Duda, la future mère de Michal Toporny qui était sur le point de naître, et l’accouchement put commencer. Tandis que l’accouchement se déroulait dans la chambre où il n’y avait pas de plancher mais seulement de la terre battue polie à l’eau, Wincenty Toporny, le père de l’enfant à naître, se tenait dans la cuisine, derrière la porte étroite, il attendait, et à chaque instant on entendait sa grosse voix : « ça y est ? » Il se mit bientôt à donner des coups de pied dans la porte en demandant avec une impatience grandissante : « ça y est ? » — car il attendait un fils et non une quatrième fille, parce qu’un fils, une fois adulte, ça se débrouille, ça se débrouille mieux qu’une fille. Il finit par s’engouffrer dans la chambre, la sagefemme lui dit que c’était un garçon, il regarda alors sa femme qui s’endormait, épuisée par l’accouchement, et lui dit : « Un fils » ; elle se contenta de hocher la tête, car elle n’avait pas la force de parler, et il s’assit sur une chaise en haletant, comme s’il venait juste de transporter un sac très lourd sur son dos. Il eut soudain l’impression que la sage-femme lui avait menti parce qu’elle l’avait entendu s’emporter derrière la porte et qu’elle savait à quel point il voulait avoir un garçon ; et quand ce soupçon l’eut saisi, il s’approcha du nouveau-né, du nourrisson qui vagissait, il fourra sa main dans les langes, entre les cuisses jaunes de l’enfant, parce que cet homme stupide et coléreux voulait vérifier lui-même si c’était vraiment un fils. Il avait tenu à le vérifier lui-même parce qu’il voulait un garçon, parce qu’un garçon, une fois adulte, ça se débrouille ; il se rassit et dit à la sagefemme ce qu’elle avait été la première à savoir : « C’est un garçon. » Il y eut alors un long moment de repos et de silence, mais le temps ne lambinait pas pour autant et, chargé d’une nouvelle tâche, il se mit vite à tracer un itinéraire de cinquante ans à l’intention de ce gosse emmailloté dans des chiffons blancs, pour cette créature tremblotante qu’un grain de sable aurait suffi à tuer ; et déjà apparaissaient au loin des routes, des pentes et des montées ; déjà se formaient les plaines que fouleraient les pieds de celui qui venait de naître, déjà le vent commençait à rabattre et à amasser l’air qu’il respirerait, l’espace préparait la place qu’il remplirait de son corps ou, encore, qui serait remplie par celui-ci. La terre et l’air entamaient un nouvel ouvrage, comme chaque fois que vient au monde un mioche, un gosse tremblotant qu’une goutte d’eau pourrait étouffer. Par la suite, les trois filles qui étaient nées avant Michal mourraient de maladie en bas âge, si bien qu’il ne resterait que ce seul et unique fils, Michal. Wincenty Toporny porta les jolis petits cercueils à l’église et au cimetière tout seul ; sa femme était restée à la maison parce qu’elle avait quelque chose aux jambes, et les gens ne font pas de cortège derrière les cercueils des petits enfants ; il les emporta à un mois d’intervalle, l’un après l’autre, les tenant sous le bras car ils étaient si légers qu’il était inutile de les hisser sur l’épaule. Si quelqu’un l’avait regardé de près, il aurait bien vu qu’il était triste, mais aussi en quelque sorte fier d’avoir à porter son malheur et ces petits cercueils qui contenaient ses enfants morts, ces êtres qui avaient été si voraces de leur vivant, et de les mettre lui-même en terre au cimetière ; c’est pourquoi si quelqu’un l’avait regardé de près, il aurait vu sur son grand visage mal rasé non seulement de la tristesse, mais encore une espèce de satisfaction ; comme si on pouvait se réjouir de la mort des enfants, se réjouir de porter au cimetière des enfants plutôt que des vieux que la mort doit prendre de toute façon ; c’est pourquoi Wincenty Toporny portait ces petits cercueils non comme s’ils contenaient des enfants morts, mais comme s’ils étaient vides, comme s’il apportait ces petits cercueils vides à ses enfants vivants en guise de jouets pour qu’ils jouent à l’enterrement, pour qu’ils y mettent des poupées de chiffon et des fleurs, fassent semblant de les enterrer dans la terre meuble, pour qu’ils en rient et se réjouissent que l’enterrement ait réussi comme un vrai. Le vrai, celui de Michal Toporny, né à l’automne 1914, a lieu cinquante ans plus tard, en septembre 1964, dans une grande ville. Il fait chaud et le soleil brille tandis qu’on le met en terre au cimetière de la ville, parmi de belles tombes ; ce cimetière est obligé de l’accueillir et de devenir son cimetière, parce qu’il a bien mérité ce caveau maçonné et cette stèle de marbre dans un grand cimetière de la ville. Tristes et silencieux par profession, les fossoyeurs en uniforme ouvrent la grande grille devant celui qui était né dans une maison où la terre battue tenait lieu de plancher, et les paysans qui sont venus aux obsèques pensent sans doute à leur propre vie, car ils frémissent de fierté en franchissant la grille puis, avec cette fierté dissimulée et avec étonnement, posant n’importe comment leurs pieds sur la large allée recouverte de gravier, ils se joignent au cortège, à la foule dense, aux couronnes et aux fleurs qui accompagnent le cercueil de l’ingénieur Michal Toporny, directeur général d’un important groupe minier, vers son tombeau ouvert, plus précisément vers le caveau qui sera — comme aiment à le dire ceux qui veulent flatter la terre — sa dernière demeure.

x 11,5 19 128 p. Guide de Mongolie T Basara Svetislav roman Mongolie 2007 24/01/07 9782922868524 Les Allusifs Littérature 13,20 € 13.20 épuisé
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Le narrateur reçoit une lettre dans laquelle un ami qui vient de se suicider lui propose de partir à sa place en Mongolie, où il devra un guide de ce pays. Le narrateur saisit l’occasion parce que c’est très loin de son pays « merdique » ; peut-être aussi pour échapper à la surveillance de la Sûreté qui s’intéresse de trop près à son roman ; peut-être encore pour revoir son unique amour dans un « endroit impossible », à moins que ce ne soit pour le fuir... À Oulan-Bator, il fait la connaissance d’un évêque hollandais, d’un officier russe devenu grand lama, d’un journaliste américain correspondant d’un journal disparu depuis longtemps, d’un mort-vivant français au passé lubrique, d’un psychanalyste italien et d’une actrice de cinéma.

EXTRAIT
Cette année-là, année du dragon de fer selon le calendrier chinois, si le printemps avait été vieux jeu, l’été fut extravagant. Il neigea deux fois en juillet, une fois le jour ne se leva point, et la nuit dura ainsi quarante-huit heures. Tout alla à l’avenant, jour après jour. Il ne se passait rien. Pas plus que les années précédentes, où les étés s’étaient pourtant montrés plus convenables. Les petits caprices des cieux n’étaient là que pour masquer un vide désespérant. Je me disais : le moment venu, je n’aurai rien sur quoi écrire, si bien que mon prochain livre, comme les précédents, d’ailleurs, sera bourré de solitude, d’ennui et de néant. Peut-être ne me disais-je pas cela, mais rassemblais-je en fait des matériaux pour mes proses futures : tas de dégoûts, monceaux de peurs, grosses bennes débordant de sentiments d’échec et d’hébétude — toute cette matière rabâchée des narrations modernes. Mais je ne notais rien. Dieu m’en est témoin.

x 12 20 207 p. Hitler à Chicago T Albahari David roman international 2008 31/12/07 9782922868685 Les Allusifs Littérature 18,30 € 18.30 épuisé
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Connu comme romancier par ses oeuvres éditées pour l’essentiel par les éditions Gallimard, David Albahari est également l’un des meilleurs nouvellistes contemporains de langue serbe. Hitler à Chicago est le premier recueil de ses nouvelles à paraître en français.

Les nouvelles qui le constituent ont en commun le fait que leur action se situe au Canada, pays d’adoption de l’auteur. Les principaux fils thématiques qui tissent cette prose grave à laquelle un inimitable humour donne une apparence de légèreté sont l’immigration, le déracinement, les échos douloureux d’une guerre fratricide, les problèmes d’identité, la solitude, le choc des cultures, les rencontres improbables, comme celle d’un pope serbe et d’un Indien, qui discutent métaphysique.

À PROPOS
En porte-à-faux avec le monde qui les entoure, les personnages des nouvelles du grand écrivain serbe, installé au Canada,, sont en décalage planétaire permanent.
David Alabahari écrit comme on marche sur des ’ufs, car il sait qu’on ne peut être sûr de rien. Que le printemps arrive à temps, que les mots disent ce qu’ils signifient, que sa femme n’Mest pas le facteur ou vice versa.
Astrid Eliard | Le Figaro littéraire

EXTRAIT
Je m’appelle Adam et je ne sais pourquoi je suis ici. Ici : dans cette ville située de manière indécise entre les Rocheuses et la grande prairie, n’appartenant complètement ni aux sommets enneigés ni à la plaine herbeuse, toujours sur le tranchant de la division, sur le fil de la différence. D’une certaine façon, tout a commencé comme une blague, du moins est-ce ainsi que je le vois maintenant, comme un tour que je me serais joué à moi-même, bien que tout, au moment où cela a commencé, fût empreint d’une sérieuse détermination. Quand nous nous sommes suffisamment éloignés des moments cruciaux, nous montrons tous une extraordinaire capacité de modifier le passé et de falsifier l’histoire. Je me souviens comme cela me désespérait il y a quelques années, quand les machineries de propagande se sont mises à tourner à plein régime, fabriquant diverses chroniques de l’honneur et du déshonneur. J’ai alors compris que je faisais pareil, même si dans mon cas il s’agissait de choses plus innocentes, j’ai compris que le présent dépourvu d’un point de vue objectif étant donné qu’un tel point n’existe pas en fait ne peut donner un passé objectif, et encore que le passé est composé d’autant de petites facettes polies, peut-être un peu ternies comme les vieux miroirs, que le visage multiple du présent.

x 12 20 126 p. Nocturne de Boukhara T Pitol Sergio nouvelles 2007 31/08/07 9782922868630 Les Allusifs Littérature 14,20 € 14.20 présent à Plume(s)
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Les nouvelles de Sergio Pitol sont une fête de l’esprit, et celles regroupées dans Nocturne de Boukhara sont les favorites de l’auteur. On y retrouve le savant mélange de fiction, de récits de voyage, d’essais critiques et la fantaisie débridée qui caractérisent l’ensemble de son oeuvre. Sergio Pitol ne dit pas, il donne à deviner. Une sorte de voile enveloppe ses chutes. C’est du grand art, dont l’allégresse, la délicatesse et l’humour impitoyable sont à la fois très ludiques et vaguement inquiétants. Chacune de ces quatre nouvelles est un labyrinthe, et chacun de ces labyrinthes un dessin très particulier dont les entrelacs donnent forme et densité au vide central. La première d’entre elles s’organise autour de la célèbre Méphisto-valse de Liszt et d’un jeu de regards entre l’interprète et un auditeur ; une autre autour d’une tentation dans une Venise où l’on retrouve en filigrane les romans « italiens » d’E. M. Forster, d’E. Wharton, et les Mémoires de Casanova... Nocturne de Boukhara a reçu le prix Xavier Villaurrutia, décerné au meilleur livre de récits publiés au Mexique.

À PROPOS
Pas moyen d’’arrêter la rêverie en marche. On va jusqu’au bout du recueil et on le visite à nouveau comme certains refont avec délectation le cube parfait de leur casse-tête.
Xavier Houssin | Le Monde

EXTRAIT
"C’est à peine s’il réussit à se rappeler le début de la conversation. Tout ce qu’il sait avec certitude, c’est qu’à un certain moment il s’est levé, n’a fait qu’un bond, a sauté de joie à l’étonnement de sa soeur, de ses neveux et de l’ami de sa nièce, tout en expliquant qu’il avait toujours su ce que ce garçon soutenait : que le monde était asymétrique, tout comme l’essence de la matière, de l’énergie et, que diable ! de la vie. Voilà qui expliquait tout : la fuite de Tolstoï d’Iasnaïa Poliana, la vaste descendance de Jack l’Éventreur, les quatuors de Beethoven, Auschwitz, les gestes parfaits de Marlène Dietrich, l’adolescence ivre de Rimbaud et ses jours désenchantés d’Abyssinie, la transformation du dinosaure en iguane, du cheval en porc, et l’oeuvre entière de Shakespeare. Toutefois, dès ce moment-là, la certitude qu’il n’avait rien compris à ce dont il était question l’avait effleuré en même temps que le soupçon que toute espèce animale cherche toujours la symétrie, en admettant que celle-ci fût, comme il le croyait, un ensemble d’habitudes régulières qui détermine le métabolisme de la nature."

x 12 20 177 p. Perdu dans un supermarché T Basara Svetislav littérature 2008 31/03/08 9782922868722 Les Allusifs Littérature 16,30 € 16.30 épuisé
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Qui prétend que s’interroger sur l’absurdité de notre condition est une activité morose ? Pour preuve du contraire, voici une vingtaine de très stimulantes histoires où l’on apprend comment on peut réussir un crime parfait, ce qui passe par la tête de quelqu’un qui est en train de tomber de la tour Eiffel, comment on retrouve sa mère enlevée par les marchands d’esclaves, ce qui arrive à un homme enfermé la nuit dans un supermarché où il s’est perdu, ce qui peut se passer lors d’une boum fatale, et bien d’autres aventures loufoques o๠l’intelligence est à la fête.

À PROPOS
Basara est à la littérature ce que Kusturica est au cinéma : un fou, un génie, un libertaire, un amuseur, un effronté, un sentimental. Un électron libre dans la fournaise qui nous sert d’humanité.
Martin Laval | Télérama

EXTRAIT
Pour ce qui est de la prose, je puis dire ceci : tous les autres je, y compris le mien, rappellent les supermarchés soviétiques ; dans tous, il n’y a que quelques articles inutiles : vanité, orgueil, amour-propre, inconsistance, désespoir - qui nous poussent à sortir de la boutique de notre moi et à entrer dans une boutique tout aussi indigente, extérieure à nous, pour y acheter des lames de rasoir et nous ouvrir les veines.

x 12 20 96 p. Romance provinciale T Filipowicz Kornel roman 2008 29/02/08 9782922868647 Les Allusifs Littérature 13,20 € 13.20 présent à Plume(s)
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Au premier temps de la valse, cette scène de la vie de province apparaît comme le lointain reflet d’un roman trop connu et à peine déformé : Varsovie remplace Rouen, Emma est professeur de piano et Fabian, son séducteur, est en quelque sorte un aristocrate de l’esprit, Charles est un bâtisseur d’immeubles aussi mornes que lui, on devine même le brave Homais derrière « la femme du pharmacien » et, enfin, l’arsenic se change en quinine. Il ne manque pas non plus les deux autres ingrédients que sont l’ennui d’une petite ville de province et la passion de la chair.

Au deuxième temps de la valse, le tableau s’enrichit de quelques tons de gris, particularités de la province polonaise des années 1950 : les queues devant les magasins, la pénurie, certes, mais aussi les artistes au service de la propagande d’État. Écrasée par l’autoritarisme de sa mère impotente, Elzbieta donne des cours de piano, la vie baigne dans un univers tchékhovien, à la fois résigné et rempli d’improbables espoirs. Mais l’inattendu se produit bientôt, quand un poète, Fabian Milobrzeski, arrive en ville pour une soirée de lectures. Le poète se met en tête de séduire Elzbieta. Au troisième temps de la valse, la nuit peut commencer.

À PROPOS
« Kornel Filipowicz fut dans la littérature polonaise le seul continuateur inventif de la manière d’écrire de Tchekhov. C’était le même regard incisif, la même ironie, une vision du monde comparable. Et la même virtuosité. » Jerzy Pilch | auteur de Sous l’aile d’un ange

EXTRAIT
« Pourquoi Elzbieta se rendait-elle à Varsovie ? Avait-elle l’espoir que Milobrzeski l’aiderait ? L’homme avec lequel une femme a dormi une fois lui devient proche. Il semble qu’il y ait des choses qu’on ne peut dire qu’à l’homme avec lequel on a passé une seule nuit, et qu’on ne révélerait jamais à celui qu’on connaît depuis dix ans. »

x 12 19 271 p. Là où vous ne serez pas T Castellanos Moya Horacio roman 2008 31/08/08 9782922868739 Les Allusifs Littérature 22,40 € 22.40 présent à Plume(s)
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D’où est venu le coup de grâce qui a achevé Atberto Aragon ? Pourquoi l’ex-ambassadeur salvadorien a-t-il fui son pays un matin de juin 1994 pour aller s’égarer dans le labyrinthe de Mexico, vivre ses derniers jours rongé par l’alcool et abandonné de tous ? Personnage ambigu, impliqué dans d’obscures tractations politiques, homme de confiance de ta guérilla salvadorienne et diplomate éphémère au service du gouvernement de la junte militaire, il a longtemps œuvré dans les coulisses d’une guerre civile longue et meurtrière. Pepe Pindonga, un détective salvadorien fou de femmes et d’alcool mais abstème volontaire dont l’incontinence verbale est aussi irrésistible qu’inépuisable, est chargé par un mystérieux ami du défunt d’enquêter sur cette disparition : une mission providentielle pour le privé qui a justement besoin de s’extraire du marasme éthylique d’une peine d’amour comme il n’en a jamais connu.