Articles de l'éditeur La Fabrique - Librairie Plume(s)
masquer rechercher un article par :   ?  

présent :  dans texte :  titre seul :  exacte :
éditeur: tous
Contacts|Qui sommes-nous|Liens|Agenda|soldes
recherche avancée

Plume(s) est ouverte du mardi après-midi au samedi soir, de 10h à 12h et de 14h30 à 19h30 ; fermé dimanche, lundi et mardi matin.

La Fabrique


87 articles
tout ouvrir dans de nouveaux onglets par rayon par theme
0 | 20 | 40 | 60 | 80

larg.
?
haut.
?
pages
?
titre +
?
sous-titre
auteur
type
thème
parution +
?
ean
?
éditeur
?
collection
?
rayon
prix
?
IAD
disponibilité
?
x 13 20 585 p. Boire la mer à Gaza T Hass Amira enquête Palestine 2001 27/10/01 9782913372160 La Fabrique International -Moyen Orient 23,40 € 23.40 actuellement indisponible
AA AA
Le livre dont il est question ici, Boire la mer à Gaza, est un recueil d’articles écrits et publiés dans le journal Haaretz, entre 1993 et 1996 (publication du livre en Israël). Le titre est tiré d’une expression arabe, signifiant familièrement “va au diable !”. Dans la région, chez les Palestiniens comme chez les Israéliens, on convient généralement, comme l’écrit Sylvain Cypel dans Le Monde du 22 décembre, que “Gaza, c’est l’enfer”. Ancien port à l’histoire millénaire, c’est aujourd’hui une ville située dans une zone enclave, la “bande de Gaza” où vivent, outre les citadins, des réfugiés et des colons. Les accords d’Oslo devaient entre autres choses régler la question du “transfert d’autorité” de l’armée israélienne à l’Autorité palestinienne.
Amira Hass apporte ici des témoignages, des entretiens, des choses vues et des mises en regard d’analyses provenant de différentes instances et portant sur plusieurs périodes. À travers des entretiens réalisés avec d’anciens militants devenus aujourd’hui des responsables en vue, elle revient par exemple sur la première Intifada et sur la manière dont ils ont pris la tête du mouvement et imposé des faits accomplis à la direction de l’OLP, que l’exil avait fini par couper du terrain.Ce sont ces jeunes dirigeants locaux, plus militants qu’hommes d’appareil, que Yasser Arafat, faute de pouvoir les contrôler, avait appelés ses “généraux”. Ailleurs, elle documente les petits faits quotidiens qui témoignaient de l’arrogance et du mépris des soldats d’occupation, lesquels à leur tour ne font que renvoyer à la mauvaise foi stupéfiante des autorités politiques et militaire israéliennes. Elle note aussi les transformations parfois minuscules qui eurent lieu au cours des étapes du transfert d’autorité qui fit suite aux accords d’Oslo et qui indiquent la rapidité avec laquelle on s’acclimate au sentiment de la liberté. Elle marque enfin le grippage originel lié aux points laissés en suspens à Oslo et la pusillanimité d’accords qui laissaient à la mauvaise volonté des Israéliens toutes opportunités de se manifester efficacement (blocage des points de passage, interdiction aux ouvriers travaillant en Israël de passer la frontière, fermeture de l’aéroport, non respect de l’obligation d’établir un corridor avec la Cisjordanie). Pour autant, elle n’épargne pas l’incompétence, pour dire le moins, des dirigeants de l’Autorité palestinienne. Le résultat est que la situation des Gaziotes, en fin de compte, n’a cessé de s’aggraver depuis 1994.
x 13 20 208 p. De Beyrouth à Jénine
témoignages de soldats israéliens sur la guerre du Liban
T
Gal Irit et Hammerman Ilana témoignage guerre, Liban, Israël 2003 07/11/03 9782913372306 La Fabrique International -Moyen Orient 14,20 € 14.20 épuisé, mais encore disponible à Plume(s)
AA AA

Intellectuels et officiers de carrière, garagiste, chanteur de rock, architecte urbaniste - servants de chars, pilotes de chasse, parachutistes - quatorze acteurs israéliens de la guerre du Liban de 1982 témoignent, vingt ans après. Ils racontent, d’une manière étonnamment convergente dans la diversité, les événements qui font désormais partie de l’histoire : les combats confus et meurtiers autour des camps de réfugiés de Tyr, le siège et le bombardement de Beyrouth, l’entrée dans Beyrouth ouest, le massacre de Sabra et Chatila. Et c’est l’un des intérêts du livre que de nous rafraîchir la mémoire sur ces horreurs.

Mais ce qui rend ces témoignages poignants, c’est ce que chacun exprime comme doute et comme angoisse morale, après toutes ces années. L’un est hanté par l’image d’une petite fille blonde qui apparaît derrière la porte qu’il vient de défoncer à coups de crosse ; l’autre se souvient que, de son avion, il a lancé toute la nuit des fusées éclairantes sans savoir qu’il illuminait le massacre de Sabra et Chatila ; un autre encore ne peut oublier le jour où le général commandant la division lui a dit en face : " Vous n’avez pas compris, ce sont des Arabes qui tuent des Arabes, on ne s’en mêle pas. "

Ce qui émerge, c’est l’image de soldats disciplinés - aucun n’a refusé d’obéir - mais torturés par le doute sur une armée qu’ils pensaient moralement irréprochable. Et ils sont plusieurs à penser que " tout a commencé là ", et en particulier la guerre au milieu de populations civiles : " Il y a une ligne directe qui mène de Beyrouth à Jénine. "

x 13 20 112 p. La décadence sécuritaire T Sainati Gilles répression 2007 04/09/07 9782913372658 La Fabrique Politique et société -répression 14,20 € 14.20 prochainement à Plume(s) ?
AA AA

On a beaucoup écrit sur le « sécuritaire ». Tout en se plaignant de cette évolution de la politique d’État, certains pensent cette phase nécessaire. D’autres égrènent le catalogue des mesures répressives et sont surpris des atteintes renouvelées aux libertés, de la dimunition de la sphère privée et croient encore qu’en votant pour tel ou tel candidat, leur sort en sera amélioré.

Tous ces questionnements existent et sont repertoriés, ils font débats. Mais l’analyse proposée dans ce livre se veut un peu plus radicale et démontre la chute rapide (dix ans) et programmée de pans entiers de l’État de droit. L’angle d’observation est celui de la disparition des notions mêmes de justice, de juste et de droit, en faveur d’un arbitraire bureaucratique qui sert une fraction de plus en plus étroite de la population.

« Tolérance zéro », pénalisation des comportements sous le vocable d’« incivilités », tatouage des populations à travers les fichiers informatiques, marquage génétique, inféodation de l’appareil judiciaire à un exécutif musclé... La diffusion de méthodes et de concepts parfaitement étrangers au raisonnement juridique vient pervertir l’institution judiciaire pour l’enrégimenter dans une vaste entreprise de maintien de l’ordre public où l’efficacité prétend faire litière des juridismes surannés. À une justice artisanale doit succéder une organisation précise, méthodique, efficace, dont les résultats sont comptables.

Diluée dans un vaste dispositif de concertation et d’action, la justice met finalement à la disposition de l’administration les pouvoirs de violation des libertés. Au nom de l’efficacité, il faut « décloisonner » les services, partager les informations et les savoir-faire, simplifier les procédures, fluidifier, être réactif, agir en temps réel, utiliser toutes les ressources de l’outil informatique. Ce faisant, on oublie seulement que l’efficacité n’est pas la justice, que le droit a justement pour fonction d’entraver l’efficacité du pouvoir, quelle que soit la légitimité du but poursuivi. Derrière cette décadence sécuritaire - qui, à partir de la justice, se diffuse dans tous les champs de l’État - emmerge un projet politique qui passe par une limitation de plus en plus accrue des libertés publiques et individuelles, afin de maintenir une domination de l’élite sur le plus grand nombre. Cette politique se durcit et s’accélère du fait de la dégradation inéluctable des conditions de vie d’une masse humaine de plus en plus importante.

Au « tous ensemble » des altermondialistes répond le lugubre « attentifs ensemble » de vigipirate.

x 13 20 240 p. Exil et souveraineté T Raz-Krakotzkin Amnon essai Palestine 2007 05/03/07 9782913372566 La Fabrique International -Moyen Orient 22,40 € 22.40 présent à Plume(s)
AA AA

Comment la conscience sioniste a occulté 2000 ans d’exil pour remplacer la figure malingre du juif diasporique par celle, vigoureuse et fière, du juif nouveau - l’Israélien ; pourquoi cette négation de l’exil juif est inséparable de la négation de l’exil palestinien ; comment a été créée la notion de peuple juif ; pourquoi le sionisme laïque est en fait fondé sur la théologie et le messianisme : telles sont quelques-unes des questions éclairées par ce livre dont on peut dire, en paraphrasant Walter Benjamin, qu’il brosse à contresens le poil luisant de l’histoire.

De grandes figures de la pensée juive - Scholem, Arendt, Benjamin - sont convoquées pour introduire un thème central : la pensée binationale. Plutôt qu’une solution politique détaillée, il s’agit de montrer la voie pour en finir avec la pensée de la séparation. C’est une façon nouvelle d’envisager l’existence juive en Israël, qui n’oblige pas à nier l’histoire du pays ni à déposséder les Palestiniens.

x 13 20 402 p. L’identité palestinienne
La construction d’une conscience nationale moderne
T
Khalidi Rashid essai, histoire Palestine 2003 05/09/03 9782913372245 La Fabrique International -Moyen Orient 24,40 € 24.40 épuisé, mais encore disponible à Plume(s)
AA AA

Selon une opinion largement répandue, les Palestiniens ont tiré leur identité comme peuple de leur conflit avec le mouvement sioniste. Leur position récurrente de perdants de l’histoire a évidemment conforté cette opinion, qui va dans le sens du refus de leurs droits nationaux.

Dans ce livre, Khalidi s’appuie sur des sources sionistes et israéliennes autant qu’arabes pour montrer que si cette identité est « construite », elle n’en est pas moins réelle. Il montre la conscience nationale qui émerge dès la fin de l’époque ottomane dans les milieux instruits. Il se fonde pour cela sur les archives des bibliothèques privées des grandes familles et des intellectuels palestiniens, mais aussi sur la presse de l’époque et sur les parcours d’hommes politiques palestiniens au tournant du XIXe et du XXe siècle. Tous ces documents tracent le passage d’une réalité identitaire stratifiée, multiple, à un sentiment national plus uni et plus déterminé. Cette identité palestinienne qui se forme à partir de la fin du XIXe siècle ne correspond ni à un donné naturel, ni à une abstraction intellectuelle : la conscience nationale palestinienne est sans nul doute un construit, une manière historiquement conditionnée de se placer dans le monde. Mais cette historicité ne la prive aucunement de réalité : à son tour, elle conditionne des rapports, une histoire, une politique. La force de cet ouvrage est de montrer l’identité palestinienne comme une réalité historiquement construite, ce qui permet de mieux comprendre non seulement l’histoire de cette région et les enjeux pour le peuple palestinien, mais aussi de nourrir une discussion plus large autour des nationalismes.

« L’étude approfondie que fait Khalidi de la construction de l’identité nationale palestinienne est une œuvre pionnière de première importance. C’est le premier livre dont la prémisse est que cette identité existe dans les faits, et qui en dévoile les strates croisées, les phases historiques et les tragiques défaites, avec une parfaite connaissance de la bibliographie et des sources arabes, hébreues et occidentales. » (Edward Said).

x 13 20 189 p. Israël-Palestine : l’égalité ou rien T Saïd Edward essai Palestine 1999 07/09/99 9782913372030 La Fabrique International -Moyen Orient 10,00 € 10.00 présent à Plume(s)
AA AA

Les essais réunis dans ce livre ont été écrits depuis la signature des accords d’Oslo (1993) jusqu’à 1999.

Ils constituent à la fois une chronique des événements, un réquisitoire et un plaidoyer. Réquisitoire contre l’arrogance et le cynisme des dirigeants israéliens, contre la partialité des Etats-Unis, contre la corruption et la politique de collaboration d’Arafat et de l’Autorité palestinienne. Plaidoyer pour l’abandon de part et d’autre d’un nationalisme périmé, pour la reconnaissance des responsabilités historiques, pour la coexistence de deux peuples égaux et réconciliés sur le territoire de la Palestine historique.

" Le choix est clair, c’est soit l’apartheid, soit la justice et la citoyenneté pour tous. Le combat que nous menons est un combat pour la démocratie et l’égalité des droits, pour un état laïque dont tous les membres soient des citoyens égaux, et non pas un faux combat inspiré d’un lointain passé mythologique, qu’il soit chrétien, juif ou musulman. "

Près de deux décennies ont passé depuis la première publication du livre et, alors que l’idée d’État commun est désormais discutée partout dans le monde, ces lignes n’ont malheureusement pas pris une ride.

x 11 17 81 p. Programmer le désastre : La politique israélienne à l’oeuvre T Warschawski Michel essai Palestine, Israël 2008 19/02/08 9782913372726 La Fabrique International -Moyen Orient 9,20 € 9.20 prochainement à Plume(s) ?
AA AA

Le Hamas a-t-il commis un coup d’État à Gaza ? Est-ce bien le Hezbollah qui a lancé la guerre du Liban de 2006 ? Abou Mazen est-il un dirigeant responsable ou, comme le dit un chauffeur de taxi palestinien, « celui qui dilapide l’héritage d’Arafat et vend nos droits légitimes pour une demi-portion de falafel » ? Qui sont les Anarchistes contre le mur ? Pourquoi le Mouvement de la paix israélien s’est-il désintégré ? Comment Avraham Burg, fleuron de l’establishment ashkénaze, en est-il arrivé à écrire qu’« Israël est une société effrayante » ? Et comment l’État hébreu est-il passé du bon vieux colonialisme plus ou moins collectiviste à un capitalisme mafieux ?
Ces questions, Michel Warschawski, qui milite depuis toujours pour une paix véritable en Israël-Palestine, les pose et y répond.

Un livre indispensable pour tous ceux qui cherchent à comprendre ce qui se passe entre le Jourdain et la mer et se sentent médiatiquement bafoués.

x 13 20 160 p. La révolution sioniste est morte : Voix israéliennes contre l’occupation, 1967-2007 T Warschawski Michel essai Israël 2007 04/04/07 9782913372641 La Fabrique International -Moyen Orient 14,20 € 14.20 présent à Plume(s)
AA AA

Les 27 textes rassemblés dans ce livre racontent une histoire, celle de la lutte de citoyens de l’État d’Israël contre l’occupation de la Palestine. Elle commence dès les premiers jours suivant la guerre de 1967, elle n’a jamais cessé et elle continue aujourd’hui. Elle a été, elle est encore menée surtout par des Juifs, mais aussi par des représentants de ceux qui se nomment les Palestiniens d’Israël.

Les auteurs de ces textes sont des journalistes, des politiques, des écrivains, des poètes, ou simplement des femmes et des hommes que l’on dirait ordinaires s’il ne fallait pas tant de courage pour s’exprimer comme ils/elles le font.

Le ton de ces textes peut surprendre, surtout en France où la prudence est plus que jamais de mise concernant la critique de la politique israélienne. Shulamit Aloni, qui fonda le parti Meretz et fut ministre de l’Éducation de Rabin, met en parallèle la volonté de ne pas voir chez les Israéliens avec celle des Allemands sous le nazisme. Yeshayahu Leibowitz, biochimiste et théologien, explique que le refus de servir dans les territoires occupés pourra remettre en cause le « consensus national-fasciste » qui domine la société israélienne. Yehouda Elkana, ancien directeur de l’institut Van Leer de Jérusalem, incite à cesser de « s’occuper du matin au soir de symboles, de cérémonies et de leçons à tirer de la Shoah ». Dans une lettre ouverte à Shimon Pérès, Gideon Levy, journaliste de Haaretz, écrit : « Tu continues à servir dans un gouvernement qui a du sang sur les mains, encore occupé à tuer, à emprisonner et à humilier, et tu es un partenaire de tous ses agissements, y compris les pires. » Avraham Burg, qui fut président de la Knesset, intitule son article : « La révolution sioniste est morte ».

À ceux qui trouveront qu’il y a quelque chose de déprimant dans cette lutte si longue et apparemment si infructueuse, on peut faire deux réponses. La première, c’est que sauver l’honneur n’est pas rien. La seconde, c’est qu’il a fallu sept tours pour que les trompettes fassent tomber les murailles de Jéricho.

x 11 16,5 128 p. Le sionisme du point de vue de ses victimes juives T Shohat Ella enquête Israël, sionisme 2006 01/10/06 9782913372597 La Fabrique International -Moyen Orient 8,20 € 8.20 présent à Plume(s)
AA AA

Ella Shohat est née et a grandi en Israël dans une famille de Juifs irakiens originaires de Bagdad qui avaient quitté leur pays dans les années 1950. « En tant qu’Arabe juive, écrit-elle, je suis souvent amenée à expliquer les “mystères” de cette entité antinomique. Expliquer que nous parlions l’arabe et pas le yiddish, que pendant des millénaires, notre culture, comme notre créativité profane ou religieuse s’est largement exprimée en arabe. » Elle est une figure emblématique des intellectuels et militants orientaux de la deuxième génération - celle née en Israël après l’immigration massive de Juifs du Maghreb et du Moyen-Orient dans les années 1950-1960 - qui développèrent à partir de la fin des années 1980 une critique radicale du sionisme et de la société israélienne façonnée par les ashkénases (Juifs d’Europe).

Dans les années 1950-1960, en réaction à l’hégémonie ashkénase, des mouvements de protestation et de résistance orientaux émergent en Israël. Le plus célèbre fut celui des Panthères noires d’Israël, composé essentiellement de jeunes maghrébins juifs issus des quartiers et des cités populaires de Jérusalem. D’abord réprimées par les autorités israéliennes, puis récupérées par des groupes d’extrême gauche ou le parti communiste, et finalement écartées de la société israélienne, les Panthères noire - malgré leur brève existence - demeurent une référence pour les jeunes orientaux.

Il faut attendre les années 1980 pour voir apparaître en même temps que le Shas (parti religieux des Juifs orientaux) une critique intellectuelle laïque chez les Orientaux. Le titre de l’article d’Ella Shohat, « Le sionisme vu par ses victimes juives », en résume la teneur. Écrit en 1988, il fut publié pour la première fois en ouverture du numéro spécial de Social Text consacré au débat colonial. Traduit ici pour la première fois en français, il est considéré comme un texte fondateur et reste une référence pour toute une génération d’intellectuels qui analysent le sionisme comme une idéologie européenne à caractère orientaliste et colonial, orchestrant l’acculturation, la sécularisation et la destruction des références identitaires des Arabes juifs. Les intellectuels de cette mouvance, tout en insistant sur le désastre social et culturel que fut la « sionisation » des Arabes juifs, pensent leur propre histoire en rapport avec les autres victimes du sionisme, les Palestiniens.

« Jusqu’à présent, le discours critique alternatif sur Israël et le sionisme s’est essentiellement concentré sur le conflit israélo-palestinien, considérant Israël comme un État constitué allié au bloc occidental contre le bloc oriental, et dont la fondation même reposait sur la négation de l’Orient et des droits légitimes du peuple palestinien. Je voudrais ici élargir le débat et dépasser ces anciennes dichotomies (Orient contre Occident, Arabes contre Juifs, Palestiniens contre Israéliens) pour aborder un aspect que toutes les formulations précédentes ont éludé : la présence d’une entité médiatrice, à savoir les Juifs orientaux, également appelés misrahim, originaires dans leur grande majorité de pays arabes et musulmans. Une analyse plus complète doit, comme je m’efforcerai de le montrer, prendre en compte les effets négatifs du sionisme pour le peuple palestinien, et pour les misrahim qui représentent aujourd’hui la majorité de la population juive en Israël. De fait, le sionisme prétend parler au nom de la Palestine et du peuple palestinien, lui confisquant du même coup toute capacité de représentation indépendante, et il se veut en outre le porte-parole des Juifs orientaux. Or, en niant l’Orient arabe, musulman et palestinien, le sionisme a nié les Juifs “misrahim” (littéralement, “ceux d’Orient”) qui, tout comme les Palestiniens, ont eux aussi été spoliés de leur droit à la représentation - à travers des mécanismes certes plus subtils et moins franchement barbares. La voix dominante d’Israël, dans le pays même et sur la scène internationale, a presque toujours été celle des Juifs européens, les ashkénazes, tandis que celle des misrahim a été largement étouffée, voire réduite au silence. »

x 11 17 128 p. Les dépossédés
Karl Marx, les voleurs de bois et le droit des pauvres
T
Bensaïd Daniel essai politique, société, propriété 2008 21/08/08 9782913372672 La Fabrique Politique et société 9,20 € 9.20 prochainement à Plume(s) ?
AA AA

En 1842, Karl Marx publie une série d’articles concernant les débats à la Diète rhénane à propos du vol de bois. Droit de propriété, liberté de la presse, rapport du délit à la peine : tels sont les enjeux de ces articles. L’essor du capitalisme entraînait alors un déplacement de la ligne de partage entre le droit coutumier (glanage ou ramassage du bois mort) et le droit de plus en plus envahissant des propriétaires. Deux ans plus tôt, le fameux pamphlet de Proudhon Qu’est-ce que la propriété ? avait fait scandale en s’en prenant aux justifications libérales de l’appropriation privée.

Plus d’un siècle et demi plus tard, les controverses en cours sur le brevetage du vivant, la propriété intellectuelle, le droit opposable au logement, etc., donnent aux questions théoriques et juridiques soulevées à l’époque une troublante actualité. À partir d’une lecture des articles de Marx, Daniel Bensaïd revient sur les sources philosophiques du débat pour en dégager les enjeux actuels.

Aujourd’hui comme hier, les dépossédés se soulèvent contre la privatisation du monde et la logique glaciale du calcul égoïste.

Daniel Bensaïd enseigne la philosophie à l’université Paris VIII Saint-Denis. Il a récemment publié une présentation de Sur la question juive, de Karl Marx (Éditions La Fabrique).

x 11 16,5 128 p. L’insurrection qui vient T Comité invisible essai politique 2007 05/03/07 9782913372627 La Fabrique Politique et société 7,00 € 7.00 prochainement à Plume(s) ?
AA AA

Chaque secteur spécialisé de la connaissance fait à sa manière le constat d’un désastre. Les psychologues attestent d’inquiétants phénomènes de dissolution de la personnalité, d’une généralisation de la dépression qui se double, par points, de passages à l’acte fou. Les sociologues nous disent la crise de tous les rapports sociaux, l’implosion-recomposition des familles et de tous les liens traditionnels, la diffusion d’une vague de cynisme de masse ; à tel point que l’on trouve dorénavant des sociologues pour mettre en doute l’existence même d’une quelconque « société ». Il y a une branche de la science économique - l’« économie non autistique » - qui s’attache à montrer la nullité de tous les axiomes de la prétendue « science économique ». Et il est inutile de renvoyer aux données recueillies par l’écologie pour dresser le constat de la catastrophe naturelle.

Appréhendé ainsi, par spécialité, le désastre se mue en autant de « problèmes » susceptibles d’une « solution » ou, à défaut, d’une « gestion ». Et le monde peut continuer sa tranquille course au gouffre.

Le Comité invisible croit au contraire que tous les remous qui agitent la surface du présent émanent d’un craquement tectonique dans les couches les plus profondes de la civilisation. Ce n’est pas une société qui est en crise, c’est une figure du monde qui passe. Les accents de fascisme désespéré qui empuantissent l’époque, l’incendie national de novembre 2005, la rare détermination du mouvement contre le CPE, tout cela est témoin d’une extrême tension dans la situation. Tension dont la formule est la suivante : nous percevons intuitivement l’étendue de la catastrophe, mais nous manquons de tout moyen pour lui faire face. L’insurrection qui vient tâche d’arracher à chaque spécialité le contenu de vérité qu’elle retient, en procédant par cercles. Il y a sept cercles, bien entendu, qui vont s’élargissant. Le soi, les rapports sociaux, le travail, l’économie, l’urbain, l’environnement, et la civilisation, enfin. Arracher de tels contenus de vérité, cela veut dire le plus souvent : renverser les évidences de l’époque. Au terme de ces sept cercles, il apparaît que, dans chacun de ces domaines, la police est la seule issue au sein de l’ordre existant. Et l’enjeu des prochaines présidentielles se ramène à la question de savoir qui aura le privilège d’exercer la terreur ; tant politique et police sont désormais synonymes.

L’insurrection qui vient nous sort de trente ans où l’on n’aura cessé de rabâcher que « l’on ne peut pas savoir de quoi la révolution sera faite, on ne peut rien prévoir ». De la même façon que Blanqui a pu livrer les plans de ce qu’est une barricade efficace avant la Commune, nous pouvons déterminer quelles voies sont praticables hors de l’enfer existant, et lesquelles ne le sont pas. Une certaine attention aux aspects techniques du cheminement insurrectionnel n’est donc pas absente de cette partie. Tout ce que l’on peut en dire ici, c’est qu’elle tourne autour de l’appropriation locale du pouvoir par le peuple, du blocage physique de l’économie et de l’anéantissement des forces de police.

x 16,5 24 188 p. France(s)
N°2 Automne 2006
T
UJFP magazine Moyen-Orient 2006 01/11/06 9782913372603 La Fabrique De l’Autre Côté International -Moyen Orient 13,20 € 13.20 présent à Plume(s)
AA AA

La France, qui a si peu partagé avec les Maghrébins musulmans que leurs enfants n’ont souvent d’autre choix que de voir en elle la cause unique de leur désarroi.

Qui fera le pont ? Qui dira qu’un incessant dialogue est crucial pour chacun des côtés de ce triangle ? Qu’en intégrant les Juifs depuis des siècles, la France a bénéficié d’un trésor, trésor dont elle se prive en rejouant de meurtriers débats séculaires : Musulmans, avancez d’abord la preuve que vous êtes compatibles avec la République.

x 16,5 24 190 p. La religion sioniste
N° 3 Printemps 2007
T
UJFP magazine Moyen-Orient 2007 12/04/07 9782913372634 La Fabrique De l’Autre Côté International -Moyen Orient 13,20 € 13.20 présent à Plume(s)
AA AA

Le monde est sioniste.

Aujourd’hui, le mot nous a avalé. Il a patiemment dévoré un à un ses ennemis. Il les a digéré. Au point qu’hasarder une autre vérité, un autre espoir, est devenu sacrilège. Car le sionisme a réussi une telle mue qu’il s’est métamorphosé en religion. Notre religion. Celle dont l’Europe, mais bien au-delà, tous ceux qui se réclament de l’Occident, avaient besoin. A ce titre, le sionisme a dépassé son rôle idéologique, il est une vision du monde : ne vivons plus ensemble, ne partageons plus les difficultés du devenir, ayons peur, soyons fort puisque nous avons peur.

x 13 20 151 p. Démocratie, dans quel état ? T Bensaïd Daniel, Badiou Alain, Nancy Jean-Luc, Brown Wendy, Rancière Jacques, Ross Kristin, Zizek Slavoj et Agamben Giorgio essai 2009 23/04/09 9782913372917 La Fabrique Politique et société 13,20 € 13.20 présent à Plume(s)
AA AA
"Qu’est-ce qu’un démocrate, je vous prie ? C’est là un mot vague, banal, sans acception précise, un mot en caoutchouc." Cette question, ce jugement sans appel d’Auguste Blanqui datent d’un siècle et demi mais gardent une actualité dont ce livre est un signe. Il ne faut pas s’attendre à y trouver une définition de la démocratie, ni un mode d’emploi et encore moins un verdict pour ou contre. Les huit philosophes qui ont accepté d’y participer n’ont sur le sujet qu’un seul point commun : ils et elles rejettent l’idée que la démocratie consisterait à glisser de temps à autre une enveloppe dans une boîte de plastique transparent. Leurs opinions sont précises dans leurs divergences, voire contradictoires - ce qui était prévu et même souhaité. Il en ressort, pour finir, que tout usé que soit le mot "démocratie", il n’est pas à abandonner à l’ennemi car il continue à servir de pivot autour duquel tournent, depuis Platon, les plus essentielles des controverses sur la politique.
x 14 12,5 10 ans d’Ogres et de Barback T Ogres de Barback musique 2005 30/11/04 3760063730272 La Fabrique Divers -DVD 25,00 € 25.00 sur commande ?
AA AA

Le double DVD retrace en plus de six heures ( !) l’aventure artistique et humaine de l’événement -Dix ans d’Ogres... et de Barback-, célébration d’un parcours hors du commun qui a fait d’eux rien moins qu’une référence nationale, un modèle alternatif de développement en toute liberté.

Il est peu de dire que cette tournée – dont le concept était simple [dix ans / dix villes / dix dates / et nettement plus de dix invités] – fût triomphale. En réalité, ils auront donné treize concerts complets, présentant ainsi à plus de vingt deux mille personnes un spectacle de trois heures, rendu différent tous les soirs par la kyrielle d’invités présents, variant selon les villes mais comptant immanquablement Papa, Maman et le petit frère Léo [pour l’interprétation commune d’un Flûte de toute beauté]. Ils mirent le point final de cet anniversaire dans une Cigale submergée d’émotion, tant dans la salle que sur la scène qui avait vu défiler ce soir-là une brochette incroyables d’artistes. Cela devait être une tournée exceptionnelle, ce fût une authentique consécration.

Ce Dvd généreux propose l’intégrale du concert exceptionnel de la Cigale, fait un tour exhaustif des villes et des collaborations des innombrables invités, propose un documentaire de cinquante deux minutes réalisé tout au long de la tournée et offre en outre divers bonus pertinents.

Double DVD 7 titres
Format Digipack

  • 1. Les Ogres à la Cigale
  • 2. 3 heures de concert avec plein d’invités
  • 3. clip - L’air bête
  • 4. clip - Contes, vents et marées
  • 5. Les ogres et leurs amis
  • 6. 10 ans d’ogres et de barback - film 52 min
  • 7. L’album photo
x 11 16,5 240 p. Gaza
Articles pour Haaretz, 2006-2009
T
Levy Gideon essai Palestine, Israël 2009 12/10/09 9782358720021 La Fabrique International -Moyen Orient 14,20 € 14.20 prochainement à Plume(s) ?
AA AA

Un avion qui lance une roquette dans une rue noire de monde, un bébé atteint au cerveau par des éclats de missile, un avocat qui propose d’" étrangler " Gaza, un père qui identifie la moitié du corps de son fils grâce à ses chaussettes, des rues entières " mises à nu " par les bulldozers Caterpillar...

Semaine après semaine, jour après jour quand les événements se précipitent, Gideon Levy décrit les horreurs infligées par l’armée et l’aviation israéliennes à la population de Gaza. Et en même temps, il tend un miroir aux lecteurs de Haaretz : il leur montre leur " effarante indifférence ", il leur explique que les dirigeants de l’opération " Plomb durci " risquent de se retrouver un jour devant un tribunal à La Haye, il leur assène que " le sang des enfants tués à Gaza est sur nos mains et non sur celles du Hamas, et nous ne pourrons jamais échapper à cette responsabilité.

" " J’aime Gaza ", écrit Gideon Levy dans sa préface pour les lecteurs français. Les articles ici réunis sont à la fois un plaidoyer et un réquisitoire, et aussi une raison de se réconcilier avec le journalisme.

x 13 20 232 p. Moments politiques
Interventions 1977-2009
T
Rancière Jacques essai politique 2009 23/10/09 9782358720014 La Fabrique Politique et société 15,30 € 15.30 prochainement à Plume(s) ?
AA AA

Ce livre rassemble des interventions répondant à la contrainte d’un présent : un conflit qui commandait de prendre parti et d’en donner les raisons - lois françaises sur l’immigration ou invasion américaine en Irak ; des événements d’importance variable - un débat sur le foulard à l’école, une canicule meurtrière ou une enquête sociologique anodine - qui permettent de saisir le fonctionnement actuel du pouvoir et les schémas d’interprétation qui nous gouvernent.

Chacune de ces circonstances est l’occasion d’un double exercice : identifier la singularité d’un moment politique et dessiner la carte du présent qu’il définit. La politique en effet existe par moments. Un moment, ce n’est pas simplement un éclat fugitif, c’est un autre poids jeté dans la balance où se pèsent les situations et se comptent les sujets aptes à les saisir, c’est l’impulsion qui déclenche ou dévie un mouvement, une possibilité de monde qui se rend perceptible et met en cause l’évidence d’un monde donné.

La pensée politique est inséparable de la scansion de ces moments. Depuis trente ans la contre-révolution intellectuelle a cherché à transformer toutes les luttes sociales et les mouvements d’émancipation du passé en prodromes du totalitarisme, toutes les affirmations collectives opposées au règne des oligarchies économiques et étatiques en symptômes d’égoïsme et d’arriération. Les interventions ici réunies veulent à l’inverse rendre sensibles les ruptures que les inventions égalitaires opèrent dans le tissu de la domination.

Elles n’apportent pas le point de vue du savant ou du moraliste, mais seulement une contribution individuelle au travail par lequel individus et collectifs sans légitimité s’appliquent à redessiner la carte du possible.

x 16,5 24 171 p. Gaza
N° 5, Automne 2009
T
Warschawski Michel, UJFP , Eskenazi Frank, Azoulay Ariella et Trabelsi Osnat doc Palestine 2009 03/11/09 9782358720038 La Fabrique De l’Autre Côté International -Moyen Orient 13,20 € 13.20 présent à Plume(s)
AA AA

De quoi Gaza est-il le nom ? De rien.

Donner un nom à Gaza serait accepter de lui conférer un sens. Or Gaza n’existe qu’en creux, en négatif. Gaza est un trou noir. Un renoncement. Lui donner du sens serait reconnaître qu’il s’est agit d’autre chose que d’un infernal acte d’oubli de soi. Les gosses envoyés à Gaza ont fait un long voyage, les voilà près d’Oradour, tout près. Rentrés victorieux, ils s’y seront totalement perdus. Il n’y a pas eu de guerre à Gaza, mais le mime de la fin des Juifs.

Il n’y a pas eu de guerre à Gaza, mais des massacres à la fois technologiques et puissamment archaïques. Les drones et la merde. Ceux qui parlent de la " guerre de Gaza " ont un cadavre dans la bouche.

x 13 20 200 p. “La gauche” , les Noirs et les Arabes T Lévy Laurent essai colonialisme 2010 18/01/10 9782358720045 La Fabrique Politique et société 13,20 € 13.20 présent à Plume(s)
AA AA

La loi sur le foulard à l’école, les émeutes de novembre 2005 dans les banlieues françaises, l’Appel des Indigènes de la République : autant d’événements qui ont fait ressortir des clivages graves à l’intérieur même de ce qu’on appelle " la gauche ".

Le Parti communiste, l’ex-LCR devenue NPA, les Verts, les anarchistes, tous ont vu leurs propres rangs se scinder sur ces sujets : les fondamentalistes de la laïcité, les républicains intégristes, les féministes institutionnelles se sont regroupés dans chacun de ces partis au nom des valeurs bafouées et de la lutte contre le communautarisme. Laurent Lévy montre combien de racisme, quelle haine de l’islam sont dissimulés derrière chacun de ces discours.

Il décrit le combat que mènent la jeunesse populaire " postcoloniale " et ses alliés contre le versant national-républicain de " la gauche ". Un livre de nature à faire grincer quelques dents mais qui défend l’égalité de n’importe qui avec n’importe qui - une valeur républicaine somme toute.

x 13 20 190 p. BDS
boycott, désinvestissement, sanctions contre la colonisation et l’apartheid israélien
T
Barghouti Omar essai Palestine 2010 23/03/10 9782358720076 La Fabrique International -Moyen Orient 14,20 € 14.20 présent à Plume(s)
AA AA

Contre Charles Boycott, propriétaire terrien irlandais, ses fermiers organisèrent en 1879 un blocus qui l’obligea à capituler sur les loyers et les conditions de travail.

Le boycott est l’arme des pauvres contre les puissants, des opprimés contre la domination. Le mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) est issu d’organisations populaires palestiniennes en lutte contre l’occupation militaire de la Palestine et l’apartheid en Israël. Comme l’explique Barghouti, c’est un mouvement non violent, moral et antiraciste. Il vise tous les produits en provenance d’Israël : le limiter aux produits des colonies serait le rendre inefficace, tant cette origine est facile à masquer.

Il vise entre autres le domaine académique, car à de très rares exceptions près l’université israélienne est complice de l’occupation et de l’apartheid. Le débat sur le boycott atteint désormais des pays aussi divers que la Norvège, l’Australie, les Etats-Unis ou l’Afrique du Sud. Sur ce débat, le public français est mal informé. La publication de ce livre, qui comble une lacune, est menée au nom de la liberté d’expression et du droit du public à une information indépendante.