Livres de l'éditeur Créaphis - Librairie Plume(s)
masquer rechercher un article par :   ?  

présent :  dans texte :  titre seul :  exacte :
éditeur: tous
Contacts|Qui sommes-nous|Liens|Agenda|soldes
recherche avancée

Quelques revues présentes à Plume(s) :

Créaphis »» 


3 articles
tout ouvrir dans de nouveaux onglets par rayon par theme

larg.
?
haut.
?
pages
?
titre +
?
sous-titre
auteur
type
thème
parution +
?
ean
?
éditeur
?
collection
?
rayon
prix
?
IAD
disponibilité
?
x 29 19,5 122 p. Africaine T Lejarre André beaux livres Afrique 2011 06/01/11 9782354280383 Créaphis »» Divers 25,35 € 25.35 actuellement indisponible
AA AA

La vision très personnelle d’une vie de village (ici le village Ndioum, sur le fleuve Sénégal) telle que la saisit André Lejarre, photographe humaniste à sa manière, traduit une grande attention aux gestes, aux attitudes, aux vêtements, aux parures, et aux atmosphères qui donnent le ton et le temps de cette Afrique vécue dans une intimité et qui, ainsi traduite en images, atteint à l’universel par la création artistique.

Représenter l’Afrique autrement, à l’opposé de Tintin au Congo, à l’opposé du "road-movie", à l’opposé d’une Afrique pittoresque, violente ou aimable, à l’opposé de l’Afrique qui nous est continuellement montrée dans les médias, violente, barbare, guerres civiles et massacres.

Ndioum est un village du Sahel, au bord du fleuve Sénégal, j’ai commencé à le photographier voilà 25 ans, travail en noir et blanc sur la vie quotidienne, les villageois et leur façon d’être ensemble, la vie paysanne et sa lenteur (j’y retrouvais la lenteur paysanne de mon enfance dans le Loiret).
André Lejarre.

Le village est lui aussi d’une blancheur éclatante en ce milieu de matinée. Ici à Ndioum, il arrive, quand approche l’hivernage, qu’il n’y ait pas le moindre nuage dans le ciel. C’est, pour ainsi dire, la saison des éblouissements.

x 11 15 64 p. Merci aux travailleurs venus de loin T Pasquiers Olivier témoignage immigration 2012 03/05/12 9782354280642 Créaphis »» Politique et société 9,00 € 9.00 prochainement à Plume(s) ?
AA AA
Ce livre réunit 27 portraits photographiques, et retranscrit en miroir les paroles de travailleurs résidant en foyer à Clichy-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine. Cet ouvrage, qui tient dans une main, et qui passe facilement de main en main, est une forme de « passe ports », puisqu’il est approximativement au format des « papiers ». Il s’agit d’une sorte de carnet de mémoire, avec des récits relatant les aléas du travail et de la vie quotidienne, mémoire à transmettre car ce foyer de travailleurs sera détruit puis reconstruit. Attaché plus aux personnes qu’à la description et à l’inventaire des lieux avant mutation, le photographe a associé la prise de vue à la prise de parole.Le choix de réaliser un ouvrage de petit format, mais de très belle facture, est un hommage à ces travailleurs venus de loin.
x 17 22,5 222 p. L’empire, l’usine et l’amour
Travailleurs indochinois en France et en Lorraine (1939-2019)
T
Daum Pierre et Tran Ysé enquête colonialisme, Viêt Nam octobre 2019 10/10/19 9782354281502 Créaphis »» Politique et société -histoire 25,00 € 25.00 sur commande ?
AA AA

Ce livre retrace l’histoire des « travailleurs indochinois » venus en France en 1939 pour les besoins de la guerre, puis envoyés en Lorraine (Moselle, Meurthe et Moselle et Vosges) à partir de 1945. Cette histoire ouvrière (l’usine) s’articule avec la lutte pour l’indépendance du Vietnam (l’empire) et des rencontres avec des Françaises (l’amour).

Dans une introduction, l’historien Gilles Manceron présente cet épisode méconnu du passé colonial français et souligne ce cas unique d’exportation en métropole de la situation coloniale.

Ces « travailleurs indochinois » sont d’abord utilisés dans les usines d’armement – puis dans tous les secteurs de l’industrie française – pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). En 1945, le gouvernement français envoya plusieurs milliers de ces hommes en Lorraine, dont les industries réclamaient une nombreuse main-d’œuvre. Certains finirent par retourner au Vietnam, d’autres s’installèrent définitivement en France. Dans le même temps, une guerre de libération du joug colonial était menée en « Indochine », à laquelle la plupart de ces hommes prirent part en métropole – manifestations, meetings, distribution de tracts, accueil de Ho Chi Minh à l’été 1946, etc.

On connaissait la Lorraine comme creuset des immigrations ouvrières européennes, venues pour des motifs économiques. Cette immigration vietnamienne est non seulement restée étrangement inconnue, mais elle est structurellement différente des autres : ses motifs sont à rechercher dans l’histoire coloniale. Deux autres sujets sont absents des immigrations européennes : la lutte anticoloniale, à laquelle ces hommes ont largement participé ; et les rapports amoureux dans un contexte colonial.

L’ouvrage conçu par le journaliste Pierre Daum et la cinéaste Ysé Tran repose sur leur enquête menée sur plusieurs années et prend sa force au plus près des témoins : récits de vie, entretiens, photographies de famille. Le livre reproduit aussi des clichés d’archives publiques (Centre des archives nationales de la France d’Outre-mer à Aix-en-Provence, Archives départementales de Moselle) ou de journaux locaux ou d’archives privées d’entreprises. Environ 80 photographies et documents représentent ainsi les « travailleurs indochinois » dans les camps de travail pendant la guerre ; les travaux effectués ensuite dans toute la France, en Lorraine ; lors des manifestations politiques ; en famille, dans l’intimité.

Rappel historique

En septembre 1939, au moment de la déclaration de guerre, le gouvernement français a fait venir de gré ou de force 20 000 paysans vietnamiens afin de les utiliser comme ouvriers dans les usines d’armement. Le nombre de volontaires ne dépassa pas quelques centaines, recrutés parmi les enfants de l’élite « indigène ». Ils servirent d’interprètes à leurs compatriotes. Le recrutement de l’immense majorité se fit au sein de la paysannerie pauvre et soumise du Vietnam colonisé. Arrachés à leur famille – certains d’entre eux étaient mariés et avaient des enfants –, ces hommes furent transportés vers la France dans les cales de bateaux de marchandises. Débarqués à Marseille après plusieurs semaines d’un voyage éprouvant, ils passèrent leurs premières nuits dans les cellules de la prison des Baumettes, dont la construction venait juste d’être achevée. Organisés en compagnies de 250 hommes commandées par un encadrement français imprégné de préjugés coloniaux, ces hommes furent répartis dans toute la France sur des sites industriels relevant de la défense nationale – la plupart du temps des poudreries, où le travail était à la fois simple à expliquer à des paysans sans expérience et ne parlant pas français, et particulièrement dangereux.

L’idée d’utiliser une main-d’œuvre coloniale pour les besoins de guerre n’est pas nouvelle. Déjà, au cours de la Grande Guerre, la France avait fait venir 41 093 paysans vietnamiens destinés aux usines d’armement. Dès la fin du conflit, les rapatriements s’organisèrent. Une centaine d’entre eux resta en France et devinrent des militants actifs de la lutte anticoloniale.

En juin 1940, la défaite militaire de la France entraîne l’arrêt des usines d’armement. Quelques 5 000 de ces travailleurs indochinois peuvent être rapatriés, avant que la flotte britannique n’empêche tout bateau français de rejoindre l’Extrême-Orient. Les 15 000 restants sont parqués dans des camps d’internement de la Zone sud : Marseille, Sorgues, Saint-Chamas, Agde, Toulouse, Bergerac, etc. Pour leur gestion, un service ad hoc est créé au sein du ministère du Travail : le service de la Main-d’œuvre indigène (MOI). Pendant plusieurs années, ce service louera, pour un coût deux fois moins élevé que le salaire des ouvriers français, la force de travail de ces hommes à toutes les entreprises françaises qui en font la demande. L’entreprise verse alors de l’argent à l’État français, qui ne redistribue aucun salaire aux ouvriers. Les travailleurs indochinois sont envoyés dans tous les secteurs de l’économie française : agriculture, forestage, construction de route, assèchement de marais, industrie chimique ou textile, etc. Parmi tous les travaux effectués par ces hommes, celui qui marquera le plus les esprits est la relance de la riziculture en Camargue.

En 1945, le gouvernement du général De Gaulle réquisitionne tous les bateaux en partance pour l’Extrême-Orient afin d’y envoyer la troupe française mater les désirs d’indépendance. Les 14 000 travailleurs indochinois présents en France sont envoyés dans les grandes régions industrielles : Lorraine, vallée du Rhône, Aquitaine, etc. Ce n’est que trois ans plus tard que les premiers pourront enfin revoir leur pays. De 1948 à 1952, des rapatriements sont organisés. Parce qu’ils ont travaillé en France, ceux qui rentrent au Vietnam sont suspects aux yeux des communistes. 2 000 à 3 000 travailleurs indochinois décident de rester en France, ayant rencontré une femme, souvent française, et fondé une famille. Ces hommes constituent la première vague importante d’immigration vietnamienne sur le sol français.

Puis leur histoire sombra vite dans l’oubli. Pendant presque soixante-dix ans, presque personne n’avait entendu parler de cette page d’histoire.