Sans détour - Librairie Plume(s)
36 p. - 15 × 42 cm

 
 

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Sans détour

n° 4 février 2021

 
Editeur : Sans détour
rayon : Divers -revues
support : Revue
type : magazine
thème : anarchisme
dimensions : 36 pages ; 15 × 42 cm ; |80 g
lieu d'impression non précisé
prix : 0.001
disponibilité : présent à Plume(s)
arrivé à Plume(s) : 17 avril 2021
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Qu’est-ce pour nous, Mon Cœur, que les nappes de sang
Et de braise, et mille meurtres, et les longs cris
De rage, sanglots de tout enfer renversant
Tout ordre ; et l’Aquilon encor sur les débris

Et toute vengeance ? Rien !... — Mais si, toute encor,
Nous la voulons ! Industriels, princes, sénats,
Périssez ! puissance, justice, histoire, à bas !
Ça nous est dû. Le sang ! le sang ! la flamme d’or !
[...]
Arthur Rimbaud (1872)

Cent-cinquante ans se sont écoulés, mais l’épaisseur du temps et le poids de l’oubli ne suffisent pas pour que l’événement que fut la Commune soit définitivement passé. D’autre part, le caractère indéterminé de l’avenir, qui demeure fondamentalement à écrire – compagnons, compagnonnes, tout reste à jouer ! - ne saurait se plier à nos désirs, à nos projections ou à nos cauchemars. Nous savons que nous vivons notre vie à la croisée des possibles, sans être tenus par des comptes d’hier en suspens, des comptes à régler qui nous incitent à revendiquer que le futur est à nous. Nous ne montons pas à bord du train de l’histoire en route – et d’ailleurs aucune place ne nous est réservé à son bord –, dans l’ambition de le remettre dans une prétendue bonne direction, préoccupés par le souci de s’assurer qu’il existe une gare hospitalière à l’horizon. Aucune certitude consolatrice, rien ne doit nous revenir, rien ne nous reviendra tôt ou tard, par la force des choses. Quoi de plus étrange, d’ailleurs, que cette manie de chercher à réveiller les morts pour leur demander où est passé le testament ?

Malgré cela, nous éprouvons une vigoureuse satisfaction, bien qu’éphémère, à l’idée que nous pouvons faire notre possible, et que le faisant, nous le dessinons, sourds aux sirènes du cynisme, de l’attente et du calcul. Nous l’éprouvons aussi quand nous parvenons à conjuguer nos aspirations avec notre engagement, notre réflexion avec notre action, notre éthique et nos principes avec nos moyens et nos façons d’agir, nos imaginaires avec un regard lucide sur la réalité, nos rêves démesurés de liberté avec les différents aspects d’une lutte que nous vivons au jour le jour.

Anarchistes, parvenir à identifier l’ennemi aujourd’hui est une marque de notre croissance, de notre épanouissement et de notre développement, une solide prise de conscience. Cela correspond au moment où nous ne nous arrêtons pas au symbole, sur lequel jeter un regard obsolète hérité du passé, le moment à partir duquel nous nous rapprochons de la chose symbolisée, cherchant à creuser dans la réalité, à la percer de notre analyse et de notre compréhension. Il ne s’agit alors plus de brandir un drapeau noir en criant « Vive la Commu­ne », mais d’attaquer les projets ou les intérêts de la domination, les flux du capital, les injonctions de l’État, la propagande de l’obéissance, ainsi que de saper les bases morales de la société, de rendre l’autorité détestable. Nous ne nous laissons pas entraîner par des fantômes du passé ni par des chimères de l’avenir, et les quelques capacités, souvent limitées, que nous possédons, nous voulons les utiliser pour frapper le mieux possible.

Prisonniers nostalgiques du passé, nous nous condamnerions à chercher éternellement des moulins, ayant depuis bien longtemps disparus de la butte Montmartre. Otages d’un futur réalisable à partir du monde dans son État actuel, nous ne pourrions que finir prostrés dans la froideur du réalisme, à accepter l’inacceptable et, finalement désabusés, à renoncer tôt ou tard à la perspective anarchiste et révolutionnaire : transfor­mer le monde et changer la vie.

Au sommaire :

- Je est un autre
- Au-delà de l’immédiat
- L’Utopie
- Un, deux, trois... huit
- A propos de servitude technologique volontaire
- Lectures intempestives




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