Comment saboter un pipeline - Librairie Plume(s)
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14,00 €  
Comment saboter un pipeline

Auteur Andreas Malm
Editeur : La Fabrique
rayon : Politique et société
support : Livre
type : pamphlet
ean : 9782358721950
parution : juin 2020
dimensions : 160 pages ; 11 × 17 cm
imprimé en France
prix : 14,00 €
disponibilité : présent à Plume(s)
arrivé à Plume(s) : 9 septembre 2020
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Le réchauffement climatique est le problème vital de notre époque. Chaque nouvelle étude scientifique vient confirmer que la situation est pire que prévu, presque irréversible. Pourtant au premier rang des responsables identifiés, l’économie fossile continue de tourner à plein régime, comme si de rien était, avec le soutien affirmé ou discret des dirigeants politiques dont l’incapacité à faire face à l’écueil se révèle, de COP en COP, plus évidente.

Le paradoxe est d’autant plus saisissant que le mouvement pour le climat a pris une ampleur sans précédent, organisant ces derniers mois dans les pays du Nord global des rassemblements massifs pour exiger des mesures des gouvernements. Dans le même temps, les investissements dans les énergies fossiles n’ont pas cessé d’augmenter. Comment cesser d’être à ce point inoffensif ? C’est en tant qu’acteur de ces luttes qu’Andreas Malm entreprend ici une discussion critique des principes et des pratiques du mouvement pour le climat, dont la plupart des théoriciens plaident pour la non-violence et revendiquent l’héritage des Suffragettes, de Gandhi ou de Martin Luther King.

Replongeant dans l’histoire de la désobéissance civile, Malm rappelle que la mise en œuvre de stratégies non violentes a toujours eu pour condition de possibilité l’existence d’une aile radicale, laquelle manque aujourd’hui à des organisations telle qu’Extinction Rebellion qui s’en trouvent neutralisées. La question n’est pas de choisir entre violence ou non-violence, mais de distinguer entre différents types de violence — et de savoir quand, comment, y recourir à dessein.

Or lutter contre le réchauffement climatique n’est pas la même chose que combattre un dictateur, une armée d’occupation ou un état ségrégationniste. C’est à l’infrastructure fossile qu’il faut s’attaquer en premier lieu, l’occasion de raviver toute une tradition de sabotage des équipements pétroliers et gaziers — jusqu’à celui récent opéré avec succès par deux militantes catholiques contre un pipeline dans l’Iowa.

La consommation est l’autre versant du problème et Malm invite à faire la différence entre les émissions de CO2 "de subsistance" — auxquelles Macron a cru bon de s’attaquer, déclenchant la révolte des Gilets jaunes — et celles "de luxe" des ultra-riches, véritable "étendard idéologique" qui transforme un crime contre la planète et ses habitants en idéal de vie. Là encore le mouvement pour le climat doit savoir identifier ses cibles et intégrer à sa grille politique les rapports de classe et de race.

Enfin s’il doit ajouter à son répertoire tactique la destruction matérielle, il lui faut garder à l’esprit les périls d’un extrémisme qui serait contre-productif, du substitionnisme et de la répression étatique. Nous n’avons plus le temps d’attendre, tout ce qui n’a pas été tenté doit l’être, et les militants pour le climat de demain — potentiellement des millions — doivent apprendre dès maintenant à lutter dans un monde en feu.


l’auteur :
Andreas Malm : +


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