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CQFD

n°170 novembre 2018 - A la Plaine comme ailleurs, Urbanistes, de l’air !

 
Editeur : Le Chien Rouge
rayon : Divers    -revues
support : Revue
type : magazine
thème : anarchisme
dimensions : 32 pages ; 32 × 41 cm
imprimé en France
prix : 4,00 €
disponibilité : présent à Plume(s)
arrivé à Plume(s) : 14 juin 2014
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En Une : « Urbanistes, de l’air ! »

Rouleau compresseur gentrificateur – Main basse sur la ville (rose) > C’est une restructuration urbaine d’ampleur. À Toulouse, le quartier populaire Bonnefoy vit ses derniers instants. Les pelleteuses attendent le feu vert de la mairie pour tomber les immeubles. Et les derniers habitants le tocsin de l’expulsion. Ambiance.

Urbanisme à la tronçonneuse – La Plaine emmurée > La mairie y croyait dur, à son opération table rase sur La Plaine. Et, la mort dans l’âme, le quartier s’y préparait. Une fois chassés les gens du marché, la résistance allait faiblir. Gérard Chenoz, adjoint (LR) aux Grands projets d’attractivité et maître d’œuvre des travaux de requalification de la place Jean-Jaurès, s’en était vanté auprès du site Marsactu : « Une Zad sur La Plaine ? Dans dix jours c’est fini. » Il aura finalement fallu un mois riche en surprises, et un mur de béton de 2,5 mètres de haut ceinturant l’esplanade, pour que le chantier démarre vraiment. Le Marseille populaire n’a pas dit son dernier mot.

Enjeux idéologiques et géographiques à Istanbul – Taksim, place de l’oubli > Autrefois carrefour des minorités orthodoxe et arménienne, puis lieu de contestation en 2013, la place Taksim voit désormais sa mémoire recouverte d’une dalle en béton. En balade à Istanbul, l’historien Étienne Copeaux revient sur le processus de turquisation d’un lieu qui semble avoir cessé de résister.

Victoire d’étape à Lille – Guérilla judiciaire contre projet nuisible > Contre les « rénovations » forcées de quartiers ou les « grands projets », les luttes sont rarement victorieuses. Dans le Nord, un récent succès montre l’intérêt de jouer sur plusieurs tableaux : sur le terrain bien sûr, mais aussi dans les tribunaux.

Ailleurs dans l’actualité

Ordre nucléaire – À Bure, la justice atomise > Une présence gendarmesque constante, des condamnations en série et une instruction pour « association de malfaiteurs » frappent les opposants à l’installation de la poubelle nucléaire Cigéo. Plus encore que sur d’autres théâtres de lutte, le droit semble ici inféodé au seul maintien de l’« ordre public ».

Athènes : Anars et squats solidaires face à la question « réfugiés » – Exarchia sous pression > Second volet de notre diptyque consacré à la situation migratoire en Grèce, où l’arrivée des réfugiés et la « mafia » ont bouleversé le quartier militant d’Athènes.

Dossier : « Squat toujours ! »

Par Val K. JPEG

Chaud. Pas l’été indien que nous venons de vivre, capable de retourner le dernier des climato-sceptiques. Plutôt le mois de novembre qui s’annonce sur le front des occupations sans droit ni titre.

En ce début de trêve hivernale, qui prévoit que les locataires, et tacitement les squatteurs, ne se retrouvent pas à la rue à grelotter entre novembre et fin mars, la Macronie a concocté en catimini une lugubre loi sur le logement.

Au sein de ce texte sur « l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique » (loi Élan), se niche en effet une mesure qui vise ni plus ni moins à supprimer cette trêve hivernale et le délai de deux mois imparti pour évacuer un squat. De quoi « redonner le sourire aux propriétaires », jubilait Le Figaro du 30 septembre, qui titrait avec entrain : « Logement : la loi durcit enfin le ton avec les squatteurs. » Squat des villes, squat des champs

Si ce coup de vis juridique à l’encontre des squats sert sans surprise les intérêts des promoteurs immobiliers, il attaque aussi frontalement nombre de bâtiments ouverts récemment pour héberger dans l’urgence des réfugiés en quête d’un toit.

Car n’en déplaise aux tenants de la France forteresse ou à ceux qui voient dans l’immigration « une menace sur les petits salaires » – dixit des édiles Insoumis –, une multitude de militants aguerris ou de simples péquins s’attellent à travers l’Hexagone à forcer les portes d’immeubles désaffectés et à y aménager des appartements de fortune pour des familles en exil. Une goutte de solidarité dans le vaste océan de la propriété privée : c’est que la France compte pas moins de trois millions de logements vacants [1]. Autrement dit, pour chaque personne à la rue, il existe plus de trois logements vides [2].

Et quand il faut faire le choix entre droit à la propriété et dignité des personnes, la justice n’hésite guère : à Montreuil, elle vient d’ordonner l’expulsion de bâtiments publics inoccupés que le maire communiste avait réquisitionnés, afin de reloger les locataires d’un insalubre foyer de travailleurs immigrés.

Les gens du voyage ne sont pas non plus en reste. Le 23 octobre, le Parlement a adopté une proposition de loi prévoyant le doublement des sanctions en cas d’occupation illicite d’un terrain par ces derniers – soit, entre autres, douze mois d’emprisonnement.

Novembre signe également une nouvelle ère pour le plus grand squat du pays : la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Une bataille foncière vient de démarrer pour la préservation des terres agricoles occupées par le mouvement. Des champs que les anciens agriculteurs du coin, qui ont été grassement rétribués par Vinci pour compenser la perte de leurs terres en vue du projet d’aéroport, veulent aujourd’hui récupérer...

Dans un pays où l’installation à l’agriculture est un vrai parcours du combattant et où la moitié des terres agricoles sont concentrées dans les mains de 10 % des exploitants, l’occupation du bocage incarne ici un avenir désirable pour des jeunes paysans et paysannes qui veulent travailler la terre en marge du système agro-industriel.

Car que ce soit des bâtiments en friche dans les villes ou des terres en jachère dans les campagnes, squatter permet avant tout de se libérer de la normalisation à tout crin et des logiques marchandes qui empoisonnent nos vies. Tournant répressif

Mais se loger sans débourser un loyer, organiser un concert sauvage, cultiver un bout de terre sans semences certifiées ou partager des savoir-faire en dehors du rigide cadre institutionnel représentent plus que jamais une menace pour l’ordre établi.

Expulsions violentes manu militari, arrestations arbitraires, procès pour violation de domicile ou dégradations, peines juridiques disproportionnées [3], les gouvernants mènent une impitoyable politique d’éradication des squats. Un tournant répressif aux accents de plus en plus militaires qui, à l’échelle européenne, a été éprouvé dès le début des années 2000, afin d’anéantir sans vergogne les joyeuses expériences autogestionnaires des squats de l’Espagne post-franquiste ou de l’Allemagne après la chute du Mur.

De Berlin à Toulouse, de Rouen à la Guyane, du bocage nantais aux vallées encaissées du Pays basque en passant par la campagne toscane, le Chien rouge s’est ainsi penché ce mois-ci sur les squats. Comme espaces de résistance où s’expérimentent, non sans fracas, de nouvelles façons de vivre et produire collectivement. Comme chaudron politique et contre-culturel où s’entrelacent gratuité et entraide mutuelle. Mais aussi comme lieu d’accueil ouvert sur le monde, à mille lieues de la froideur d’un monde aseptisé. Plus que jamais, le futur s’ouvre au pied de biche. Par Mickaël Correia Au sommaire du dossier

Par Hassan Richter JPEG

Des occupations à la gentrification – Berlin squatte-t-elle ? > Berlin a été la capitale des squats en Europe. Mais près de trente ans après la chute du Mur, les luttes pour le logement peinent aujourd’hui à prendre l’initiative face à la gentrification. Rencontre avec deux vieux de la vieille du mouvement squat berlinois.

Squat de la Garenne à Rouen – Vie et mort d’un havre de migrants > Pendant cinq mois, plus de 150 personnes ont vécu collectivement à Rouen, dans une maison de retraite à l’abandon. Mais c’était sans compter sur les velléités anti-squat des autorités locales.

Squatte ton CHU – Quand l’hôpital se moque de la charité > Depuis deux ans à Toulouse, les membres du collectif Lascrosses occupent avec près de 80 personnes un pavillon désaffecté de l’hôpital Purpan. Pour les faire expulser, la direction de l’établissement en a appelé à la justice. En vain pour l’instant.

Ingouvernable Pays basque – Gaztetxe : punk, autogestion et répression > À mi-chemin entre squat et MJC, les « gaztetxe » du Pays basque sont un vrai phénomène social depuis le début des années 1980. Ces lieux autogérés s’inscrivent dans le sillage des luttes anti-franquistes, indépendantistes et féministes. Mais c’était sans compter sur la hargne des autorités.

Notre-Dame des Landes – Guerre des terres à la Zad > L’avenir des terres occupées. C’est l’un des enjeux majeurs auquel doit faire face la Zad de Notre-Dame-des-Landes depuis l’abandon du projet d’aéroport. Focus sur la bataille foncière qui vient de s’engager entre les occupants et les agriculteurs accapareurs du coin.

Squat agricole en Italie – Le terroir du chianti collectif > En Toscane, où le prix du foncier agricole est exorbitant, des militants cultivent des terres publiques au nez et à la barbe de l’administration, qui voulait les revendre à une multinationale américaine. Voyage à Mondeggi, où vignes et oliviers ont été « collectivisés ».

Loi anti-pauvres – Élan : droit dans le mur > Adoptée définitivement le 18 octobre, la loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique était déjà bien connue pour ses atteintes à la protection du littoral et au logement des personnes handicapées. Il nous restait à apprécier ses mesures anti-squatteurs et hostiles aux « derniers de cordée » en général...

Fièvre réactionnaire – Offensive anti-squats en Guyane > À la pointe du mouvement social du printemps 2017, le collectif des 500 Frères donne désormais dans l’expulsion « citoyenne » d’occupants illégaux.

Bouquins et idées

Emma Goldman. JPEG

Autobiographie d’Emma Goldman – Une anarchiste au temps des révolutions > C’est un livre-évènement. Pour la première fois, l’intégralité de l’autobiographie d’Emma Goldman (1869-1940), Vivre ma vie – Une anarchiste au temps des révolutions, sera publiée en français le 21 novembre prochain. Une lacune dans le paysage éditorial qui vient d’être comblée par les éditions L’Échappée. Entre fresque historique et ode à la révolte, cet ouvrage-fleuve de 1 000 pages serpente à travers la fièvre du mouvement ouvrier américain, les prémices autoritaires de la révolution bolchevique, les luttes antimilitaristes ou encore le combat pour l’émancipation des femmes. Mais il permet surtout de découvrir le parcours tumultueux d’Emma Goldman. Une vie d’exil empreinte d’amour libre, de radicalité politique et de sensibilité artistique. Entretien avec Laure Batier et Jacqueline Reuss, les deux traductrices de cette œuvre passionnante.

Algérie / Nouvelle-Calédonie – destins croisés – Joseph Andras : « On peut toujours arracher une bataille, trouver une brèche » > L’écrivain Joseph Andras en est convaincu : l’histoire officielle est un leurre. Qu’il s’agisse de la lutte indépendantiste en Nouvelle-Calédonie ou de la guerre d’Algérie, ce sont les dominants qui l’écrivent. Lui s’inscrit dans une démarche inverse, donnant la parole à ceux qui s’en sont vu privés pour n’avoir pas courbé l’échine.

Cap sur l’utopie – Après le capitalisme, la révolution ! > Même s’il se laisse présenter comme un expert en « humanités environnementales », le professeur sorbonnard Pierre Madelin n’est pas un péteux. Au Chiapas où il vit sa vie, il a fricassé un essai d’écologie utopisto-libertaire assez choupaïa...

Et aussi...

Photo Lardux Films. JPEG

Black Indians en Louisiane – « Nous ne plierons pas ! » > De la patiente fabrication des costumes jusqu’aux parades jubilatoires du Mardi-Gras du quartier Treme (Nouvelle-Orléans), en passant par les joutes chantées façon griots mandingues… C’est une flamboyante culture de réprouvés qui habite le film Black Indians, sorti en salles le 31 octobre.

Musiques de Méditerranée – Parce que c’est notre transe > Avec une vingtaine de disques au compteur, Titi Robin a frotté ses cordes aux rythmes gitans, arabes et indiens. De passage à Perpignan, il a renoué le temps d’un concert avec le clan Saadna des Rumberos catalans. La rumba gitane comme transe d’autodéfense.

Noël en novembre – Lecteurs, lectrices, mes amours... > Il y a un an, on lançait une campagne d’abonnement : un succès. Dont on ne vous remerciera jamais assez. Mais ce ne sera qu’un souffle dans le froufrou obscur des brises déchaînées si vous ne renouvelez pas cette gentille caresse sur la tête du cabot rouge (vous noterez qu’on sait se faire lyrique quand il est question de pognon). Parce qu’on ne peut clairement pas dire que la situation s’est arrangée sur le front social de la Macronie, même titubante...

L’édito : « La ville et les vilains » > De Marseille à Lille, en passant par Bordeaux et Toulouse, on dirait les édiles en plein retour d’enfance et pris de frénésie pour un jeu de Lego grandeur nature. Partout des grues, des pelleteuses, des bulldozers ; partout des chantiers où on abat, terrasse et monte de nouveaux murs. Des images de synthèse annoncent la future couleur du quartier : harmonie de citadins déambulant tels des pixels heureux, nouvelles courbes architecturales, coulées d’un vert fluorescent. Du ver au papillon, la rénovation urbaine est cette chrysalide capable de transmuter un faubourg de zonards mal dégrossis en éco-quartier avec « cadre de vie qualitatif » et « espaces publics fédérateurs »...

Ça brûle – « Danse avec les moucherons » > Ils ont débarqué en catimini. Discrets. Affables. Grésillant tendrement à nos oreilles. Pour tout dire, on leur aurait donné le bon dieu et nos croûtes de fromage sans confession. Quoi de plus réconfortant qu’un moucheron guilleret vagabondant sur votre écran d’ordinateur alors que vous rédigez un article particulièrement ardu ? Conquis, d’aucuns parmi nous avaient rebaptisé les élus moucheronnesques de leur cœur.




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