XXI n° 24, automne 2013 - Librairie Plume(s)
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15,50 €  
XXI n° 24, automne 2013

les terres du futur

 
Editeur : XXI éditions
collection : Revue XXI
rayon : Divers    -revues
support : Revue
type : magazine mook
ean : 9782356380692
parution : octobre 2013
dimensions : 209 pages ; 20 × 29,5 cm
imprimé en Allemagne
prix : 15,50 €
disponibilité : présent à Plume(s)
arrivé à Plume(s) : 17 octobre 2013
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L’édito :

Nos neurones sont comme cent milliards d’interrupteurs connectés. Ce réseau complexe est continuellement activé. « Dans le cerveau, tout se mêle, les sensations devenant des pensées, des sentiments, des actions, puis d’autres sensations. Ce flux de conscience correspond à des cascades d’assemblages neuronaux fugaces qui se jettent les uns dans les autres, puis se dispersent, en quelques secondes », explique le neurobiologiste Rick Hanson. L’instabilité neurologique est notre état naturel.

L’adaptation de l’espèce humaine à un environnement hostile a conduit notre cerveau à être constamment en état d’alerte. Nous sommes sur la défensive et habitués à mobiliser nos ressources pour faire face à l’agression. Ce sentiment sous-jacent d’anxiété nous conduit à être plus sensibles aux informations négatives. Pour prendre une analogie simple, les bonnes nouvelles glissent sur notre cerveau, tandis que les mauvaises nouvelles s’accrochent en nous. Dans notre vie sociale, les neurobiologistes expliquent que nous avons besoin de cinq interactions agréables pour compenser l’effet d’une interaction désagréable.

Le bombardement actuel d’informations, fragmentées et de toutes natures, auquel nous sommes soumis, n’est pas sans conséquence sur notre équilibre. Dans les entreprises, par exemple, l’envahissement des chiffres, baromètres, tendances et « remontées » permanentes conduit à multiplier la fréquence de l’exposition aux mauvaises nouvelles, même si le résultat final est positif.

Les médias sont aussi perçus par les citoyens comme anxiogènes. Et ils ont raison. Les modes de production de l’information, avec la diffusion virale des nouvelles spectaculaires ou inquiétantes, provoquent une angoisse diffuse. La multiplication des informations accroît mécaniquement la mise sous tension de notre cerveau et la libération des « hormones du stress », l’adrénaline et le cortisol, au risque d’une surchauffe permanente.

Selon des chiffres avancés par Matthieu Ricard, avant l’âge de 20 ans, un Américain voit en moyenne 40 000 meurtres de fiction, et un nombre incalculable d’attentats, catastrophes, guerres, menaces, rixes et manifestations de haine à la télévision, dans la presse ou sur le Net. Si le monde ressemblait au fil d’informations que l’on « consomme » aujourd’hui, ce serait vraiment « une histoire de fous, de bruits et de fureur, racontée par un idiot et qui ne veut rien dire », comme l’écrivait Shakespeare. Les Anglo-Saxons appellent cela le « syndrome du mauvais monde ». Il est infondé. Notre vie a plus de sens et la société plus de ressources que cette succession de bulles anxiogènes et d’émotions sans queue ni tête.

Chercher à « positiver » de manière artificielle, à montrer de belles initiatives, des héros généreux et positifs n’est pas une réponse adéquate. Un journal des bonnes nouvelles serait aussi absurde que ce magma quotidien d’informations.

La réponse est encore et toujours dans le récit. Raconter, c’est relier des éléments entre eux. L’étymologie du mot « histoire » renvoie à plusieurs racines, signifiant « une connaissance acquise par l’enquête », « la sagesse », « le témoin », « le juge » ou « savoir pour avoir vu ». Le récit donne un sens et une continuité. Même la plus dramatique des histoires apaise le lecteur, car elle fait appel à sa compassion, son intelligence, sa propre expérience.

Imaginez le « buzz » que l’on pourrait faire avec ces femmes éthiopiennes mutilées dont parle Marie Darrieussecq dans ce numéro ou avec les rebelles syriens d’Alep dont Jean-Pierre Filiu a partagé la vie. Pensez à la description terrible des mégapoles chinoises qui nous est régulièrement proposée : Xu Ge Fei, avec qui Coralie Schaub s’est entretenue, y a justement puisé son désir d’émancipation. Rien n’est gommé par les auteurs de XXI, mais tout est relié par eux. C’est notre conviction : la presse est utile quand elle offre à ses lecteurs un rapport apaisé au monde et aux autres.

Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

SOMMAIRE :

  • édito
  • Les guetteurs du climat
    Au fin fond de l’Arctique, la base de Ny-Ålesund accueille des dizaines de chercheurs de toutes nationalités. Isolés au milieu des glaces, ils mesurent le rayonnement solaire, étudient la dynamique de l’atmosphère, relèvent au millimètre la dérive des continents et usent du pétoncle comme d’une archive météo. Ils veulent percer le mystère de l’équation climatique.
  • Un train au milieu des dromadaires
    En Éthiopie, Mme Kiki tient depuis soixante ans le buffet de la gare d’Aouache, un bourg perdu dans les confins désertiques de l’Est. Vieux d’un siècle, le « franco-éthiopien » s’est arrêté voici cinq ans. Mais des ingénieurs et des Chinois sont à pied d’œuvre. Le gouvernement a des projets pharaoniques.
  • Marseille en friches
    La métropole du Sud s’étend et se transforme. Le déclin de ses activités industrielles libère des espaces parfois immenses. Des calanques aux quartiers nord, des zones industrielles au vallon de la Femme morte, le GR 2013 a été conçu par des artistes pour explorer ces nouvelles zones urbaines. Y marcher, c’est comme avancer dans un film fou.
  • L’école clandestine
    En Biélorussie, ancienne République soviétique, le quotidien s’écrit en russe. Une seule école enseignait la langue nationale. Elle a été fermée en 2003 pour des raisons politiques. Enseignants, parents et élèves se sont révoltés et ont décidé de basculer dans la clandestinité. L’aventure du Lycée des humanités de Minsk dure depuis dix ans.
  • Le gardien d’Alep
    La cité syrienne, vieille de huit mille ans, est coupée en deux. D’un côté les forces du régime, de l’autre les opposants. Au milieu, un patrimoine inestimable. Entre tirs de snipers et éclats d’obus, Omar, licencié en histoire de l’art et révolutionnaire de la première heure, se bat pour préserver l’héritage de sa ville natale.
  • Hollywood sur Kaboul
    Salim Shaheen a tourné cent sept films à Kaboul. Plus fort que la mort est son cent huitième. Ou peut-être son cent neuvième ou le cent dixième ou même le cent onzième. Difficile à dire : il en réalise quatre en même temps. Acteur, réalisateur et producteur, son répertoire est sans limites. Dans ses films sans effets spéciaux, tout est vrai. Le cinéma coule dans ses veines.
  • La « sorcière » des Vosges
    De retour de Grèce, Mme Singer voulait changer de vie en élevant des moutons à Bourbach-le-Haut. Tombée sous le charme de la ferme de Niederwyhl, elle voit ses bêtes succomber les unes après les autres. Par centaines, toutes empoisonnées au cuivre. La justice enquête, le village ostracise l’« étrangère » qui s’accroche.
  • « L’hôtel de la forêt rouge »
    Les plantations d’arbres se sont multipliées en Chine. En accord avec Pékin, le numéro deux mondial du papier investit chaque année des milliards d’euros dans la culture d’eucalyptus. Installé en Chine, un réalisateur finlandais se rend au sud du pays, dans la province du Guangxi où règne la société finno suédoise Stora Enso. Il enquête sur les conséquences des plantations à grande échelle. Des agents le suivent à la trace, des témoins disparaissent, il se retrouve coincé dans un hôtel appelé « Forêt rouge ». Le tournage tourne à la mauvaise farce kafkaïenne. XXI a eu un coup de coeur pour ce documentaire, « Red Forest ». Aperçu en dix plans choisis par l’illustrateur Lucas Varela et commenté par le réalisateur, Mika Koskinen.
  • Enquête sur Jeffrey Sachs
    Aux États-Unis, Jeffrey Sachs est une vedette. Pour la presse, l’économiste fait partie des cent leaders mondiaux les plus influents. Après des études à Harvard, il fut le plus jeune professeur titulaire de l’histoire américaine, à une époque où l’ultralibéralisme n’était pas discuté. Son chemin bifurque avec la crise économique bolivienne : il élabore la « thérapie de choc », devient le champion de l’annulation de la dette, et comprend que son savoir n’est qu’une petite partie de la réalité. Décidé à s’emparer du réel à pleines mains, il délaisse le champ académique, se porte successivement au chevet de la Pologne postcommuniste et de la jeune Russie, avant de devenir le maître d’oeuvre du projet Millénaire des Nations unies, et de se consacrer au développement... Avec une idée si cristalline du bien et du mal qu’il s’expose à un procès pour messianisme.
  • Entretien avec Xu Ge Fei
    Lorsqu’elle était enfant en Mandchourie, son grand-père lui répétait qu’elle n’était rien, que « de l’eau sur le sable, puisqu’elle était une fille ». La petite Chinoise pauvre s’est faite éditrice en France.
  • Le livre interdit
    En Turquie, l’État n’aime pas qu’on lève le voile sur ses coulisses. Pour avoir voulu publier un livre sur les liens entre le pouvoir et une confrérie religieuse, le journaliste Ahmet Sik a été emprisonné. Dans ce pays qui aspire à l’Europe, six mille livres sont interdits de publication et leurs auteurs parfois jetés en prison.
  • La rose piétinée
    Becky est américaine, conseillère en beauté dans le Colorado, Marie Darrieussecq française et écrivain. Les deux femmes se sont rencontrées en Éthiopie dans le refuge fondé par Becky pour les « fistuleuses », ces mutilées de la vessie exclues de la société. Becky n’est pas Mère Teresa. Sur ses hauts talons, elle fait ce qu’elle considère devoir faire : rendre l’espoir.

Prochain numéro : 9 janvier 2014




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