L’or noir du Nigéria - Librairie Plume(s)
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13,00 €  
L’or noir du Nigéria

 Pillages, ravages écologiques et résistances

Auteur Xavier Montanya
Editeur : Agone
collection : Dossiers Noirs, numéro 25
rayon : International    -Afrique
support : Livre
type : essai
thèmes : Afrique | pétrole
ean : 9782748901634
parution : septembre 2012
dimensions : 240 pages ; 11 × 17 cm
imprimé en France
prix : 13,00 €
disponibilité : présent à Plume(s)
arrivé à Plume(s) : 14 mars 2017
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Le delta du Niger est un cas extrême et paradigmatique pour comprendre l’ampleur du désastre auquel les pays africains font face : la dévastation humaine et écologique qu’engendre l’extraction sans limites depuis des décennies de leurs ressources naturelles – du pétrole et du gaz en l’occurrence – pour le plus grand bonheur des multinationales et des pays occidentaux. Comme a dit le grand écrivain nigérian Wole Soyinka : « Le monde devrait comprendre que le combustible qui fait fonctionner ses industries est le sang de notre peuple. »

Chaque année depuis cinquante ans, quarante milles tonnes de brut se répandent dans le delta du Niger, l’équivalent de la marée noire causée par le pétrolier Exxon Valdez. Le torchage des gaz, officiellement interdit, engendre des pluies acides et représente une part importante du total mondial des émissions de CO2. Les terres et les cours d’eau sont empoisonnés, la faune et la flore sont dévastées.

Véritable eldorado pour les compagnies pétrolières qui agissent en dehors de tout respect des droits humains élémentaires, ce territoire fournit 10 % du pétrole consommé en France. Face à la résistance des peuples d’agriculteurs et de pêcheurs du delta – pacifique pour les Ogonis ayant chassé Shell de leurs terres en 1993 ou armée pour d’autres à partir des années 2000 –, la répression sanglante est menée conjointement par les compagnies pétrolières et l’armée nigériane.


Depuis la découverte du pétrole dans le sous-sol du Delta, les compagnies pétrolières comme Shell, Agip, Total, Texaco ou Chevron pratiquent impunément le torchage du gaz dans l’atmosphère, une pratique aussi appelée « gas flaring ». Lorsqu’on extrait le pétrole, il sort du brut mélangé à de l’eau et du gaz. Et l’or noir du Delta contient une grande quantité de gaz naturel associé, dont plus de la moitié est ainsi brûlée à l’extraction. Ce gaz pourrait être stocké ou expédié vers une centrale afin de couvrir les besoins énergétiques du pays, ou simplement être réinjecté dans le sol. Mais toutes ces pratiques demanderaient un investissement économique que les multinationales n’ont jamais été disposées à faire. Démontrant un mépris absolu pour la santé des personnes et pour l’environnement, elles ont depuis toujours opté pour le torchage. Cela ne leur coûte pas un centime. En revanche, les conséquences sont terribles pour les écosystèmes et les habitants du Delta, pour leurs récoltes comme pour l’air qu’ils respirent. Le Nigeria est selon la Banque mondiale la deuxième nation derrière la Russie au triste classement des nations émettrices de gaz torchés, ce qui fait du Delta du Niger une des plus grandes sources d’émission de gaz à effet de serre de la planète, avec soixante millions de tonnes de CO2 rejetés dans l’atmosphère chaque année, soit 13 % du total mondial. Un apport fatal au réchauffement global.

Les déversements ou les fuites de pétrole constituent l’autre cause fondamentale de la destruction de l’environnement. Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans qu’il y en ait. Ainsi, chaque année depuis cinquante ans, la population du Delta subit des déversements de pétrole d’un volume de quarante deux milles tonnes de pétrole.

Le délai de réparation des avaries et des opérations de nettoyage aggrave le problème. Cette lenteur est souvent due aux intérêts économiques, qui passent toujours avant le respect de l’environnement et des droits humains. Pourquoi ? On peut considérer, selon une étude d’Amnesty International basée sur des rapports juridiques et des évaluations légales et scientifiques, que « les déversements sont la conséquence de la corrosion des oléoducs et des pipelines, de la maintenance déficiente des infrastructures, des fuites pendant le traitement du pétrole dans les raffineries, d’erreurs humaines, et, quelquefois, du vandalisme ou du vol ». La stratégie des compagnies est cependant d’attribuer systématiquement les fuites au sabotage. Ce que dénoncent les communautés locales, qui y voient une excuse pour ne pas verser d’indemnisations.

L’activité des groupes armés et des voleurs de pétrole est certes un fait avéré. Il est aussi arrivé que des gens provoquent une fuite dans le but de toucher une indemnisation. La question est : combien de déversements sont dus à des actes de sabotage, et combien à une défaillance technique ou à la vieillesse des équipements ? Je prendrai bientôt connaissance d’un des cas où, après expertise technique, un juge donna raison à la communauté : celui du village de Bodo, en Ogoni.


l’auteur :
Xavier Montanya : +


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